Fumées noires

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Le ciel est en feu.
Un maître de Forges heureux
retrouve toutes les valeurs
Incinérées par les voleurs.
Il souffle avec puissance,
Enflamme avec prestance
Les folies du monde
Pour une résurrection féconde.
L’horizon laisse entrevoir
la jaunisse du désespoir.
Une lionne défend son territoire,
Son lionceau est en pleurs
En cette brûlante chandeleur.
Fumées noires d’un crématoire
Du purgatoire de la mémoire.
Dans ce gigantesque chaudron,
Tous les malheurs fondront
Pour de nouveaux horizons
Apercevoir leurs guérisons.

 

9 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

Le portrait

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« Non mais c’est qui ce Philibert
Pour me mettre une tête à l’envers ?!
Qu’est-ce qu’il combine ?
Qu’a-t-il à reluquer ma trombine ?
J’ai beau m’aplatir un max,
Que j’en ai mal à mon thorax …
Il est là avec sa longue vue
À surveiller l’eau que j’ai bue !
Plus moyen de boire en cachette !
Sans cesse il active sa gachette !
C’est qui ce gringo de la Pampa
Qui vient troubler l’eau de ma mara ?!
Il me prend pour Ophélie ?!
Ou narcisse sur sa descente de lit ?!
Tirons lui la langue, un peu de rose
Avec tout ce vert rendra moins morose
Ce portrait qu’il attend de moi.
Non, mais il s’imagine qu’un Roi
Dans son intimité est différent 
Quand le besoin devient pressant ?
Voilà que mon visage sur l’eau
Est déjà tout ridé … moi si beau ! …
A-t-il compris que ce miroir,
Sous l’aspect d’un abreuvoir,
Me conte pour passer le temps
Ses souvenirs de mes défunts parents,
Des histoires de la prairie croustillantes,
Mon avenir en sa mire scintillante,
Ce Dagobert qui remet sans cesse
À l’endroit étourderies et maladresses.
Me voilà sur Facebook en Roi fainéant
Qui boit face à tout leur néant !
Même Chatnine de sa griffe de poète
Avec ma photo se la pète !
Tout ça pour épater quelques cacahuètes !
Bon, je vais plus bouger de peur que ma célébrité
N’atteigne par ma faute l’Eternité …
Avouez que ce Philibert a réussi
À me tirer ce portrait digne d’un Léonard de Vinci !

 

8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philibert Barelli sur facebook

 

Une tombe buissonnière

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Désert d’Atacama, une tombe buissonnière
D’un aventurier au coeur de pierre
Échoué là, à son heure dernière
Repose en cette rocailleuse clairière.

Le temps d’élever son humble prière,
Son corps soulagé d’illusions chimériques
A libéré son âme retenue prisonnière
Durant une vie d’errances bucoliques.

L’éternité l’attendait sur ces arides terres
Aux pluies inexistantes bues par la camanchaca,
Aux volcans endormis par l’énergie solaire
Où Guenane, petite sirène étoilée s’ancra.

En ce désert inhospitalier cette tombe,
Dont l’âme palpite encore aujourd’hui,
C’est par la poésie que retombe
Malgré la sècheresse, un rêve enfui.

Qui que tu sois enfoui sous ces pierres
Recouvertes de lichens où s’abritent les lézards,
Cette tombe posée ici, entourée de mystère
Atteste que « la sagesse arrive toujours en retard.»

Ce n’est qu’une parenthèse entrevue, supposée,
Une vivante émotion enterrée par les mots,
Un appel de ce désert aux terres ménopausées,
Un clin d’oeil du ciel sur ce tombeau.

Désert d’Atacama, une tombe buissonnière,
Près d’un drapeau et d’une croix de bois,
Garde ce panoramique cimetière de poussières
Où enfer et paradis se côtoient.

 

5 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

 

 

La pluie était au rendez-vous

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La pluie était au rendez-vous
En ce séjour auprès de vous.
Sur les rives inondées de l’étang
Le martin pêcheur attend le printemps.

la pluie ce matin est au rendez-vous
Ni Robin, plus d’étang, sans vous …
Juste la pluie pour me souvenir
De ce séjour pluvieux sans soupirs.

La pluie était au rendez-vous
Sur les prés, dans les bois, avec vous.
Je n’ai pas vu un tel décor
Tant il pleuvait fort dehors.

La pluie était au rendez-vous
Avec ce chocolat chaud bu avec vous.
De nouveau seule, sans vous,
La Dordogne a conservé sa couleur de boue.

La pluie était au rendez-vous.
Solitude que chacun d’entre nous
Noie dans la joie d’un rendez-vous
Que j’ai avec Robin ce jour avec vous.

 

4 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Michel Andrieux sur Facebook

 

 

 

L’intruse

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« Il me faut avant l’orage aller au ravitaillement.
C’est qu’ils ont bon appétit mes deux garnements !
Je profite qu’ils s’amusent gentiment
Pour les laisser seuls quelques instants. »
« Promis mam’ nous ne bougerons pas.»
« Joli coeur si on jouait à tu m’attraperas pas ? »
« Non ! Il faut tenir notre promesse …
Aie ! tu me fais mal aux fesses, petite tigresse !
Si on jouait à combien j’ai de doigts ?
Ferme tes yeux ! Fifi … tu triches ! je te vois !
Chut ! …Taisons-nous … quelqu’un vient …
Je vais voir si c’est maman qui revient …
Grimpe sur Grand Esprit, vite ! »
« Bonjour l’ami, c’est là que tu habites ?
Dans ce vieux tronc pourri infesté de termites ? »
« Fifi ne répond pas à ce suffisant propos.
Après tout ce n’est qu’un vulgaire éléphanteau. »
« j’ai peur Joli coeur, il s’approche, planquons-nous !
Oooh Grand Esprit, protège nous ! »
À ces mots éclate un grand coup de tonnerre,
L’intruse sous les éclairs s’enfuit, quitte leur parterre.
Joli coeur ouvre l’écoutille de son sous-marin.
« Wouah ! Quel enchantement divin !
Viens voir soeurette le bel arc-en-ciel !
Cet orage a été vraiment providentiel !
Le danger à présent est écarté.
Ce gardien Jabiru ne pense qu’à becqueter.
Voilà qu’il pleut et maman tarde …
Non, mais tu as vu cette grosse vantarde ?!
Grand Esprit ne t’en fais pas vieille souche
Nous on t’aime avec tes mouches,
Ton corps pourri à tête d’éléphant,
Ta queue de sirène, tes sabots géants.
Tu es un ventre maternel pour nous !
Ici, quoiqu’on dise c’est notre chez nous ! »
À quelque distance, Rembo s’inquiète.
Trop soucieuse elle s’est mise à la diète.
« Pour eux deux ils auront assez à manger.
J’ai préféré ne pas prendre de danger.
Cette guéparde intimidée par ma venue soudaine
S’est enfuie me laissant sa proie. Quelle aubaine !
J’aperçois le navire, Joli coeur est sur le pont …
Comme je les aime mes deux petits fripons.

 

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10 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook

 

 

 

 

Au jardin d’enfants

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Le tisserin à lunettes est mécontent.
Il peste après ce vent turbulent
Qui agite les tiges des grands épis.
Malgré son mal au coeur, il épie
Le gardien du parc Jabiru au bec tricolore
Qui va et vient, sans cesse picore
Tout en surveillant les jeux des enfants
Venus avec leur nounou ou leurs parents.
Inauguré récemment, ce grand jardin d’enfants
Est fréquenté rarement par les éléphants
Trop fidèles à leurs traditions familiales.
Un puissant Kob, intrigué par cette géniale
Idée, surveille sa femelle de loin.
Son dernier né criait comme un babouin,
Prétextant un manque de copain pour jouer.
En dépit de sa voix fortement enrouée
Il aperçoit Fifi qui les espionne …
« Tu vois … elle est déjà en affut cette lionne
Tandis que son frère allongé de tout son corps
Veut nous faire croire qu’il dort …
Non, ce n’est pas possible mon petit chéri
De rester en ce jardin … Nous y risquons nos vies.
D’ailleurs leur mère les a rejoint …
Non, ça sent trop ici le tocsin.
Filons vite d’ici, papa avait raison.
Ce jardin d’enfants c’est l’antre des lions. »
« Je l’avais bien dit ! » jubile le tisserin
S’accrochant de plus belle à son brin.
Le garde n’ayant pas envie d’une prise de bec,
Reste muet et s’en va aussi sec …
Fifi et Joli coeur attristés par leur départ,
À l’oreille de ce vieux figuier du hasard
Chuchotent et confient leurs petits secrets.
Ils narguent ces collants badauds indiscrets
Qui ne sauront jamais ce qu’ils ont dit
À cette vieille souche du Grand Esprit.
Blottis tendrement dans ce vieux patriarche
Ils s’interrogent en observant ce monde en marche.

 

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8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Peter Chebon sur Facebook

 

 

OUF !

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Coucou !
Oui, c’est bien nous !
Grand Esprit est dans la gadoue !
Après cette pluie torrentielle de fous !
Nous sommes fiers de notre maman.
Elle n’avait pas envie d’un amant …
Il est reparti voir ailleurs
D’autres lionnes en chaleur … 
Un peu de soleil nous ferait du bien
Pour assécher cette lagune sans Vénitiens.
Très tôt, ce matin, nous avons eu de la visite …
C’est Jackson, un ange, qui bien vite
A découvert notre nouvelle cachette.
Vous auriez vu Tony ! C’était la fête !
Ah ! quel bonheur de les revoir
Même si nous sommes dans un lavoir !
Bon, mais pour l’heure après toutes nos émotions
Nous allons piquer un mérité roupillon
Dans cette nouvelle souche accueillante.
Et Hop ! Youpi ! Maman a été triomphante !
En conquérant je pose et vous remercie !
Nous vous avons donné quelque souci …
Vendredi 13 nous a porté bonheur
Suspicieux, je m’endors sur ce champ d’honneur.
Au prochain rendez-vous !
Promis je vous raconterai tout !
OUF ! 
« Pousse-toi ! gros patapouf !
Tu prends toute la place »
Viens ma Fifi que je t’enlace …

 

 

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14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook
Contes de la prairie

 

Que vais-je faire aujourd’hui ?

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Que vais-je faire aujourd’hui ?
Le ciel n’est pas à la pluie,
Ce n’est pas l’heure d’un bain de minuit,
Ne rôdent autour les démons de midi.

Toucher le ciel avec ma tête 
Sans le secours de mes cornettes ?
Il est trop tôt pour une partie de gambettes
Qui supportent ma svelte silhouette.

Jouer au jeu d’ombres chinoises peut-être 
Sur l’écran orangé de la céleste fenêtre 
Qui ne laisse du jour apparaître 
Mes élégantes maxi-chaussettes.

Que vais-je faire aujourd’hui ?
Qui viendra heurter à mon huis
Pour tenir compagnie à mon ennui ?
Le soleil se complait dans la nuit.

L’horizon déclame ses flammes
La lumière sur mon corps s’enflamme 
Mon emploi du temps parmi ces âmes 
Sur vos coups de cœur se pâme.

Une simple question a suffi 
Pour liker d’amicaux selfies
Sur des visites qui m’ont réjouie,
Après ceci, qu’allez-vous faire aujourd’hui ?

31 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Farid Radjouh sur Facebook

Saute-patates

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Non, maman ne me laisse pas ! …
Ne t’accroche pas comme ça !
Mais maman que vais-je devenir ?!…
Tais-toi veux-tu ! Fais moi plaisir
Au lieu de te lamenter sur ton sort !
Regarde ton frère, ce cher trésor …
Il apprend à courir la prétentaine
Sans déclencher toutes les sirènes !
C’est sûr ne compter que sur soi-même
Ça vous met le courage en carême !
Allez ma fille, arrête tes caprices de léo gâtée !
Ce n’est pas le moment … faut se hâter
Si nous voulons remplir le garde-manger.
Ton comportement nous met en danger.
Alors tu vas pas me quitter maman ?
Non … jusqu’à mon prochain amant.
Bouhhh … vilaine tu ne m’aimeras plus …
Rassure-toi, passer la chose, lui non plus !
Bouhhhh … je veux pas grandir …
Arrête ! tu fais de la prairie notre champ de tir !
Puis tu me fais mal, enlève tes pattes !
Maman, tu veux pas jouer à saute-patates ?
Quoi ? … c’est quoi ce jeu ?
C’est le jeu de mon petit amoureux …
Voyez-vous ça … déjà ! … comédienne !
Saute-patates … quelle couillotte !  pfff à l’ancienne …
Qu’est-ce que tu marmonnes maman ?
Tais-toi ! Avance et serre le rang !

 

21 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook
Contes de la prairie

Trop plein

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Garder le sourire
En attendant le pire
Dans un monde corrompu
Où le fric jamais repu 
Domine jusqu’à l’Univers
Les travers de l’enfer.
La barre de ce grand navire
Est faussée par des vampires
Qui mènent à leurs pertes
D’inutiles et vaines alertes.
Le monde s’éteint à petit feu
À cause de virulents maffieux
Qui ont perdu la raison
Avec leurs pouvoirs d’étalons.
Dirigés par cette maffia d’arrivistes,
Fichés sans rançon sur des listes,
Vivant à côté de la plaque.
Ils assomment à coups de matraque
Ces pauvres naïfs qui croient toujours
Croquer dans une pomme d’amour.
Prendre le taureau par les cornes,
La corrida est sans bornes
Dans cette phase de voleurs de vies.
Aujourd’hui garder le sourire
Mon coup de chapeau est en délire …
Même en rêve je n’y vois que du pire
La folie s’est emparée de ces sbires.

24 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Evelyne Fosse sur Facebook 

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