Les mascottes de Tony

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 » Lorsque le conteur est fidèle à l’histoire, c’est alors, en fin de compte que le silence se met à parler.
Lorsque l’histoire a été trahie, le silence n’est plus que vide ».
Karen Blixen (Les Contes)
« Nous avons quitté Grand Esprit pour Grand Yaca.
Fifi est déjà perchée sur son mât.
Quant à moi j’attends Tony Crocetta,
Je l’adore, nous sommes ses mascottes.»
« Ouais, Tony, c’est pas une chochotte !
C’est pas du bois mort comme ce Grand Yaca !
Du matin au soir, il arpente le Mara !
Même qu’avec sa grande lorgnette
Il assiste à nos fêtes et nos défaites.
Sa présence nous rassure, même si
Son tam-tam s’enlise dans les soucis …
Quand rien ne va, il est toujours là ! »
« Ça c’est bien vrai ! Avec les guépards … Oh lala ! »
« Ben tu vois, n’empêche que pour nous
Il a craqué … c’est pas rien ce nounou !
C’est mon Prince de la prairie ! »
« Pfff ! hihi ! »   « Pourquoi tu ris ?
Dans tous les Contes y a un Prince ! »
« Comme la Belle au bois dormant ? » « Mince !
Ce Grand Yaca a des pointes épineuses … »
« Bienfait ! ça t’apprendra d’être amoureuse ! »
« Tu es jaloux parce que tu n’as pas de princesse ! »
« Allez, à mon tour, bouge tes fesses !
À moi de grimper à ce mât de cocagne !
Et la prochaine fois mets-toi un pagne
Et au son du ukulélé tu danseras
Pour la prochaine visite de ton Crocetta ! 
One, two ! On fait une prise Fifi ?
Pour tuer plus tard les monstres et leurs défis.
Tiens j’entends le tam-tam d’un moteur …
Nous sommes ses mascottes porte-bonheur ! »
« Quelle chance on a, hein Joli Coeur ?! »
14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Tony Crocetta
Contes de la prairie

Vendredi 13

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Un lion hargneux de la March Pride,
De style Bonnie and Clyde,
Sorti de l’enfer, de ses flammes
S’avance prêt à commettre un drame.
Rembo, éprouvée encore une fois,
Pour demeurer ensemble tous trois,
Voit en ce tueur en série une menace.
D’un bond, elle l’affronte avec audace
Tandis que Fifi et Joli coeur impuissants
Assistent à ces féroces rugissements
Qui les paralysent, les glacent de frayeurs.
Leur sort est entre les griffes du vainqueur.
Jusqu’à la nuit tombée Rembo tint tête,
Défendit ces deux lionceaux de la Bête.
La malchance, la haine bestiale la poursuit.
On dirait que la vie les fuient.
Comble de malheur, ce lâche brigand
De ses rugissements attire le restant
De sa bande de bad boys associés …
Arriveront-ils avec Rembo à négocier ?
C’est peut-être la dernière photo
De Joli coeur, Fifi et Rembo …
Pourquoi le bonheur se complait dans les sanglots ?
Ce n’est qu’un conte de la prairie en vérité.
Demain celui-ci va-t-il s’arrêter ?
Trois amours se posent la question
Qu’avons-nous fait pour tant de rébellion ?

 

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13 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook
Contes de la prairie

 

 

 

REMBO

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« Maman déteste les machos 
Qui se la pètent avec leurs berlingots !
Ceux de la March Pride en particulier
Qui roulent leurs mécaniques viciées.
Le monstre ! C’est qu’il nous aurait dévorés ! »
« Quelle peur bleue ! … Ces deux malheureux … »
« Ah ?! Tu étais là Choucador ? » « Heuh … »
« Tu aurais pu venir à notre secours,
Appeler de l’aide pour notre maman d’amour. »
« Excuse-moi, mais votre père à quoi sert-il ?
Et votre Grand Esprit … d’ailleurs où est-il ? »
« Tais-toi, tu n’es plus mon copain ! »
« Oui enchère Fifi, oust ! dégage ! tu n’es qu’un vilain ! »
« Ils ont eu si peur commente Rosine
Tais-toi, va-t-en ! tu nous bassines !»
« Oh, Rosine nous avons eu grande frayeur,
On a cru que c’était notre dernière heure. »
« Vous avez une mère courageuse face à cette faune
Siffle avec ardeur l’euplecte à croupion jaune. »
« Moi, je ne risque rien de la sorte !
S’écrie le tisserin gendarme devant sa porte. »
« Pfff ! et si ton nid tombe à terre ! »
« À part la foudre … Allez-vous vous taire !
Mon nid en plus est une oeuvre d’art,
Et mes oisillons y sont bien peinards ! »
« Merci les amis mais je vous rappelle,
Désolé, nous étions seuls face à la querelle
Que ce bad-boy à grande gueule pour ménage …
Grâce à notre mère et à son beau courage
Nous sommes encore là à écouter vos papotages.
Une pensée pour Chatnine et ses pleurs …
Pour nous c’est vraiment un honneur.
Il y a tant de vies plus importantes … 
De clics en clacs elle est devenue parente … »
« Quelle tente ? où ça, du parapente ? »
« Tê le Martin huppé … sourd comme un pot ! »
« Meltingpot ? On dit que chez eux ça ronfle plein pot ?! »
« Allez, assez de roucoulades, viens Joli coeur
Allons serrer maman sur nos petits coeurs. »

 

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14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tisserin gendarme et Choucador de Peter Chebon  sur Facebook
Contes de la prairie

 

Chipouette, la girafe

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« Que c’est horrible, ces pauvres petits …
Ces bad-boys et leurs redoutables appétits !
Paraît que Rembo l’a mis KO …
Aplati, il était ! Il faisait plus le beau !
Comme elle s’est défendue cette lionne !
C’est elle à présent la patronne !
Soumis comme un toutou il était !
La queue basse, il est parti sans rouspéter !
Comment va-t-il vivre cette humiliation ?
Tenons-nous sur nos gardes … Attention,
Vigilance … où sont passés ces lions ? »
« J’ai peur maman, tu crois qu’ils vont revenir ? »
« N’aies crainte, nous allons déguerpir …
Nous cacher, prendre de la distance …
Cette forêt, là-bas, de ses essences
Va nous confondre … pas besoin de jumelles ! »
« Vite maman que je devienne une demoiselle … »
« Ça viendra, ça viendra Li Lou, ma pépite,
Allons ! quittons ce lieu bien vite !
Il paraît qu’Imani a bien du malheur …
Quand aurons-nous la paix mon coeur ? »
« Chante-moi Il est où le bonheur ! … »
« Tu veux nous faire repérer ?! Allez ! haut les coeurs !
Quel monde d’enfants de choeur ! … »

 

14 Avril 2018 – Jeannine Castel
photo : Philippe Cabanel sur Facebook
Les Contes de la prairie

Offrande

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Cette offrande
N’a rien d’une amende
Mais d’une douce amande
En demande
D’une offrande
Qu’elle attend
Gourmande !
Qui quémande
Un regard nu,
Un souffle retenu,
En offrande
À sa beauté
Toute en chasteté
Si grande, si pure,
Comme une offrande
Sans figure
Pour ne pas ternir,
Ne pas faire mourir,
Ce ravissant désir
D’une offrande
Sans amende.

15 Avril 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Sébastien Majerowicz Nature Photographer

Le torrent aux sucreries

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Le torrent aux sucreries
De sucre glace et confiseries
Offre aux gourmands épris
Ses bouchées confites aux fruits.

Dans un décor automnal
Ce cours d’eau original
Propose du cappuccino gourmand
Nappé d’un mousseux chocolat blanc.

C’est une bonbonnière inouïe
Que cette chute d’eau épanouie
Transformant son péché de gourmandise
En de fines douceurs et saveurs exquises.

De mousse et de chantilly, l’hiver
D’un givre sucré a recouvert
Ces crottes truffées de l’onde
Que nous offre généreusement le monde.

Nappage de neiges éternelles
Sur des meringues à la cannelle.
Un cortège nuptial de mousseline
Se vaporise d’un parfum de pralines.

En ce jour de fiançailles,
Promesse de futures épousailles …
Orné de fines dentelles, cet écrin
Contient les anneaux du destin.

 

13 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook

Découvertes

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Après avoir partagé le repas,
Une sieste s’impose sur ce matelas
Peu confortable certes mais d’un sommier
Conçu pour eux en bois de figuier.
« Allons faire un tour au jardin !
Profitons de cette accalmie, galopins ! »
Peu d’enfants jouent et pour cause
La présence de deux éléphants indispose.
Des mangoustes venues en famille décampent …
« T’as vu maman, l’éléphant a une crampe ! »
« Non, il est agacé, prêt à charger … 
Vite, éloignons-nous, regagnons notre potager.
Profitons que les lions sont distraits
Par ces deux pachydermes peu discrets. »
« Je veux voir ! je veux voir ! … tais-toi
Arrête de couiner comme un putois !
Je suis fatiguée de te trimballer comme un bébé…»
« Mangou est un bébé … Mangou est un bébé ! »
« Attends ! tu vas voir ! … je vais te montrer … »
« Mangou est un bébé … pff ! cours-moi après ! »
« Assez ! Cessez vos chamailleries par pitié !
Quelle déception ce jardin d’amitiés ! … »
Rembo observe en particulier un mâle
Prêt à charger sa fureur animale …
« T’as vu Fifi, il a une deuxième trompe !
Un éléphant ça trompe, ça trompe ! … »
« Mais non ! nigaud ! c’est pour aller au pot ! »
« Mais son trou sous la queue ? … au pot ? … »
« C’est une autre queue … si tu veux …
Un zizi … pour présenter ses voeux … 
Ses voeux pour une belle de son choix …»
« Pouah !! tout le monde le voit ! »
« Ce que je vois mes loulous pour l’instant
C’est qu’il vient vers nous, cet indécent.
Pendant que je vais essayer de le distraire,
Toi et ton frère regagnez le logis !
Nous reviendrons quand il se sera assagi. »
Plus tard, Joli coeur, pensif, saisit la queue de sa mère …
« C’est dégueu … la leur traîne à terre dans la poussière …»
« Tu viens jouer ?! … essaie de m’attraper ! … »
« Vite qu’ils grandissent, que je sois en paix
Les hyènes ne sont pas bien loin …
Elles flairent notre garde-manger plein …
Comme ils sont beaux mes deux trésors !
Je ne pourrais pas revivre encor …
Il va nous falloir changer de décor …
Quitter Grand Esprit … ou alors … »

 

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12 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta et Philippe Lebartz sur Facebook
Contes de la prairie

 

Prière du matin d’un petit lapin

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Chaque matin
En bon pèlerin
Ce pieux lapin
Émule de St Augustin
Récite sa prière : 

Mon bon Saint Pierre
Toi qui a la clef des champs,
Garde-moi du chasseur méchant.
Guide-moi en chemin
Loin de ces vils riverains.
 Seigneur dès l’aurore
Je vous aime et vous honore.
Ô Dieu très haut
Écoute mon crédo.
De festins rassasie-moi
Mon âme s’attache à toi.
Ta douce lumière m’envahit,
Pardon pour tous ceux que j’ai haï.
Que ton vivant me glorifie,
Épargne-moi leur rififi.
De l’ennemi et oppresseurs
Toi seul divin Sauveur
Donne Pâque nouvelle
De ta vie éternelle.
J’implore ton secours
Ô mon Dieu d’amour.
Marie, accorde-moi la grâce
À l’heure de ma mort, l’audace
De crier vers toi ma louange
Et de venir parmi les anges
Louer ce dernier refuge sûr
Resplendissant comme ce bel Azur.
Jour de fête et de joie
Que la paix Olivier soit avec toi.
Amen Alléluia !

 

11 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook

 

 

Fumées noires

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Le ciel est en feu.
Un maître de Forges heureux
retrouve toutes les valeurs
Incinérées par les voleurs.
Il souffle avec puissance,
Enflamme avec prestance
Les folies du monde
Pour une résurrection féconde.
L’horizon laisse entrevoir
la jaunisse du désespoir.
Une lionne défend son territoire,
Son lionceau est en pleurs
En cette brûlante chandeleur.
Fumées noires d’un crématoire
Du purgatoire de la mémoire.
Dans ce gigantesque chaudron,
Tous les malheurs fondront
Pour de nouveaux horizons
Apercevoir leurs guérisons.

 

9 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

Le portrait

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« Non mais c’est qui ce Philibert
Pour me mettre une tête à l’envers ?!
Qu’est-ce qu’il combine ?
Qu’a-t-il à reluquer ma trombine ?
J’ai beau m’aplatir un max,
Que j’en ai mal à mon thorax …
Il est là avec sa longue vue
À surveiller l’eau que j’ai bue !
Plus moyen de boire en cachette !
Sans cesse il active sa gachette !
C’est qui ce gringo de la Pampa
Qui vient troubler l’eau de ma mara ?!
Il me prend pour Ophélie ?!
Ou narcisse sur sa descente de lit ?!
Tirons lui la langue, un peu de rose
Avec tout ce vert rendra moins morose
Ce portrait qu’il attend de moi.
Non, mais il s’imagine qu’un Roi
Dans son intimité est différent 
Quand le besoin devient pressant ?
Voilà que mon visage sur l’eau
Est déjà tout ridé … moi si beau ! …
A-t-il compris que ce miroir,
Sous l’aspect d’un abreuvoir,
Me conte pour passer le temps
Ses souvenirs de mes défunts parents,
Des histoires de la prairie croustillantes,
Mon avenir en sa mire scintillante,
Ce Dagobert qui remet sans cesse
À l’endroit étourderies et maladresses.
Me voilà sur Facebook en Roi fainéant
Qui boit face à tout leur néant !
Même Chatnine de sa griffe de poète
Avec ma photo se la pète !
Tout ça pour épater quelques cacahuètes !
Bon, je vais plus bouger de peur que ma célébrité
N’atteigne par ma faute l’Eternité …
Avouez que ce Philibert a réussi
À me tirer ce portrait digne d’un Léonard de Vinci !

 

8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philibert Barelli sur facebook

 

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