Un deux juin
Te souviens-tu du temps où nous allions, heureux,
Sur ce petit chemin, par un soleil radieux,
Ombragé d’une haie de platanes,
Sentier caillouteux, souffre douleur des ânes.
Les rayons par intermittence filtraient
A travers les branches qui dansaient
Sous le souffle du vent léger, caresseur,
Nous flirtions avec eux, jouisseurs.
Mon coeur rempli d’amour, semblable au tien,
Cognait gentiment pour un plaisir prochain.
L’herbe haute, fleurie, nous attendait
Complice de nos petits secrets dénudés.
Ainsi allongés, isolés d’un monde curieux,
Nous cherchions dans la prunelle de nos yeux
La profondeur retrouvée de nos deux êtres,
D’un amour qui nous fit naître.
Ta main câline caressant ma peau,
Moi, rêveuse, blottie contre toi, mon héros.
Hors-d’oeuvre d’un met délicieux,
Nous finissions dans les hauts lieux.
Les platanes depuis n’existent plus,
L’herbe jaunie a la berlue,
Le ruisseau n’abreuve plus la bergeronnette,
Les ronces ont envahi notre couchette.
Seul le soleil, ce deux Juin, me rappelle,
En regardant un vol d’hirondelles,
Que passe le rêve sur des amours inventés,
Passe le rêve sur ceux que j’ai aimés.
Libre d’aimer, de caresser à l’envie
Ce que la nature humaine m’a ravi.
2 Juin 1986 - Jeannine Castel









