Lumière

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« Elle est trop forte ! »
Cette lumière me transporte
Loin de cette bavarde escorte
De mes saisons mortes.

Trop forte cette lumière !
Mes paupières closes
D’une prière j’ose
Quémander le ciel
Dans ce calice de miel
De ses arcs-en-ciel.

Trop forte cette lumière
Calfeutrée par une solitaire
Fleur qui n’aime pas
La densité de ses ébats.

Lumière, ta nacre délicate
D’une chair de poule m’appâte !
J’en deviens toute écarlate
Et discrètement, je m’éclate.

Je garde pour moi ta chaleur
Comme une timide fleur
Qui s’attarde à offrir
Son coeur saoul de désirs.

Trop forte était la lumière
Tamisée. L’alcôve d’une clairière
A réjoui, sans y toucher, mes yeux
À la recherche des beautés de Dieu.

 

21 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook

 

REMBO racontée par Chouette, l’autruche

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« La mort du héros … ça vous parle mes cocos ?
Comment finir un conte sans fin ? …
Le scénario introduit un assassin ! …
C’est ce qu’a fait la lionne Rembo !
Elle a profité de la nuit sans témoins
Pour enlever ses lionceaux et mettre fin
À ce conte qui n’en finissait plus.
Elle les a enlevés de la revue !
On dit que … chacun croira ce qu’il a vu !
Même moi, l’autruche, je n’ai rien vu !
Elle a fait appel, rien que çà, à Cannibal
Pour orchestrer l’Oscar de ce festival,
Afin de retrouver l’intimité, l’amour filial,
Sa liberté dans ce monde animal.
Comme dans tous contes et séries
Les héros disparaissent comme Fifi et Riffifi
Ou Joli Coeur, accompagnés des pleurs
Des assidus et passionnés lecteurs.
Depuis les trois lionceaux à l’abri
Folâtrent sur des sauts de cabri,
Heureux de quitter enfin cet essaim
Et céder la place à un autre conte sans fin.
Rembo, ainsi, en contemplant ces hippopotames,
Qui se marrent bien de ce méli-mélo drame,
A mis fin par une nuit sans lune, seul témoin,
Pour protéger ses trois célèbres galopins
D’une horde chassant des lendemains
Qui collaient trop à leur sauvage destin.
Dans les belles histoires, on ne voudrait jamais
Que la dernière page se referme à jamais.
Depuis ces lionceaux courent quelque part
Dans leur savane et ses oasis des grands boulevards.
On dit que des guépards auraient vu ce trio
Serrés l’un contre l’autre, tournant les pages d’un album-photos … »

 

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21 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Farid Radjouh -  Kilambo Abou Maringa
Contes de la prairie 

 

Still back to the moonlight

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Le noir, toujours le noir …
Jusqu’à la lumière apercevoir
À travers les murs de cet isoloir
La flamme de l’éternel espoir.

Le noir, troublé par la lune
Est au rendez-vous ce soir.
Il ne tient qu’à ce bougeoir
Pour éteindre ou enflammer mon désespoir.

Dévoiler ce noir de mon miroir …
Le noir sur mes pleurs si noirs.
Dans ma solitude d’un vieux manoir
J’ai cru, un soir vous apercevoir.

L’ombre dissimule ce conte noir
Dont la fin, impatiente de vous revoir,
D’un ostensoir m’a rendu le pouvoir
De surmonter avec toi et surseoir
Ce noir qui m’attend à l’au revoir.

À chaque retour de lune, plus forte,
Avec ce noir assidu qui m’escorte,
Je traverse les murs sans escorte
Consolée par la lumière qui me porte.

Still back to the moonlight, ce soir
La lune remplace ce bougeoir
Et je vous vois d’un mouchoir
Faire des signes, perdus dans le noir.

 

19 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Namata Photos (Nathalie Namata)

 

Les vadrouilles

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« Salut ! Contents de nous revoir ?
Quelle nuit ! Des heures à errer dans le noir !
Nous avons eu du mal à trouver une chambre d’hôte.
Cette nuit, manque de pot, la lune était pâlotte.
Maman est enfin dans la soirée revenue !
Si désespérés nous ne l’attendions plus …
Après une tétée et quelques cajoleries,
Ragaillardis par ces énergiques calories,
Nous avons quitté Grand Yaca, obligés,
Nous étions trop à l’étroit et en danger.
Ce lion avait trouvé notre cachette …
Il devenait urgent de prendre la poudre d’escampette.
On a marché, marché, pas rassurés, dans cette obscurité,
Ça nous a paru une éternité !
Tous les points d’accueil étaient occupés !
Pensez trois cent buffles à loger, un rien !
On en a fait des va-et-vient …
Et c’est après Bilashaka, sur un tronc couché
Que nous avons trouvé une chambre à coucher …
À «  l’ Elephant Pepper Tree « , un gîte de premier choix,
Gardé par un dogue sculpté dans le bois.
Il y a un toit terrasse que vous apercevez là,
Avec nous juchés, légèrement flagadas !
Maman nous a déjà laissés …
Elle est partie chasser.
Vite que nous puissions avec elle
Chasser, courir après les gazelles.
Tous ces étranges animaux sculptés …
Plongeons dans les rêves avec volupté …
Fifi tu dors ? »
« Mon Joli coeur, serre moi contre toi bien fort … »

 

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18 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook
Contes de la prairie

 

Lumière de printemps

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Lumière de printemps
Spectacle envoûtant
Mon coeur danse
Danse, danse.

Sur un air de flamenco
La musique à fleur de peau
Je frôle ton corps si beau
Si beau, si beau.

D’un désir de printemps,
Ta main gantée de blanc
M’offre ce baiser ardent
Si ardent, si ardent.

Pulsatille de mon coeur
Si belle est ta candeur.
Profitons de ce bonheur
Bonheur, bonheur.

Avant que le printemps
Déserte les champs,
Nous serons en été
Et tes, et tes …

Et tes flammes lumineuses
Sur ma peau soyeuse
M’ont envoutée, heureuse,
Heureuse, Ô combien heureuse.

Lumière de printemps
D’un amour froufroutant
Vont enlacés deux amants
Dansant, dansant.

 

15 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Henrion

 

 

LIONS ET FEMELLES

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« Je dors pas ! Je monte la garde …
Malheureux ceux qui par là s’égarent ! »
« Tu as vu maman tous ces lionceaux ?! »
« Oui, ils posent pour un reportage avec photos … »
« Impressionnant ! j’en ai jamais vu autant !
Comme ils sont beaux tous alignés en rang ! »
« Moi, les interviews, c’est pas mon fort …
Je laisse la parole à La Scala et ses chers trésors ! »
« … Nous sommes fières de notre Association
Lions & Femelles
Vous pouvez constater cette belle ribambelle !
Tandis que nos lions s’occupent des repas,
Nous surveillons nos lionceaux pas à pas.
Pas question de les laisser seuls un instant !
À la moindre alerte nous ameutons le clan !
Aussi peu d’intrus se risquent à troubler notre territoire.
Nous ne manquons pas de mâles … chacun connaît l’histoire …
Au moins si l’une d’entre nous s’absente,
Elle part sans angoisse … à son retour si contente
De revoir ses rejetons encadrés d’une armada
De griffes et de crocs à vous rendre fadas !
Bien beau la liberté, le célibat des mères
Mais constatez ce qu’endurent ces célibataires !
La plupart ne voient pas leur progéniture grandir
Tout ça pour un égoïste sens … se faire plaisir …
Ce sont les femelles qui ont par leur maternité
Le devoir d’éduquer les tendances aux frivolités … »
« Maman, tu entends ? C’est pas bête ce qu’elles disent »
« Oui, j’entends Li Lou … mais elles sont soumises
À des règles, des sacrifices, au don de soi … »
« Au moins c’est pas chacun pour soi ! »
« Ah ! Li Lou si tout était simple … crois-moi
Il faut beaucoup d’amour pour vivre en ce monde
Chacun fait de son mieux … » « pas une seconde … »
« J’ai pas envie que tu te noies Li Lou,
La malin adore se déguiser, c’est un filou !
Tu es bien trop jeune, tu apprendras plus tard
Que compter sur soi à ses limites, mon canard.
Regarde tous ces vautours jusqu’à la carcasse
Ils effacent toutes traces, sans savoir, pauvres imbéciles,
Que la Mémoire est faite d’histoires indélébiles … »
« C’est vrai ça maman ? »
« Jusqu’à maintenant. »
« Et tous ces oubliés, ces disparus … ? »
« ils t’attendent au coin de la rue … »
« Rut !  Qui parle de rut ?!
Pas moyen de souffler par Belzébuth !
Quelle mouche les a donc piquées ?
Foi de Bodin, s’agit pas de paniquer !
Elles ont eu leur photo,
Leur blablabla pour toto …
Mes amis faut tenir le tempo ! … ».

C’était un reportage pour Meltingpot …
En direct  avec Lions & femelles
Nous rendons l’antenne, c’est l’heure de la gamelle !

 

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18 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Nathalie Courau – Roudier 
Contes de la prairie

 

Ces contes de la prairie

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Ce sont des Contes sans fin
Bien au-delà du chemin
Où bêtes et humains
Se tiennent la main.

Ce sont des Contes de la prairie
Où l’on pleure et l’on rie
Qui ne tiennent pas debout
Sans la véritable boue.

Des contes du peuple de la Mara
Avec leurs joies et leurs combats
Où princes et princesses existent
Au son des tam-tam des pistes.

Ce sont des Contes à parcourir
Qui racontent pour l’avenir
Des histoires sans fin
Pour que ne meure pas demain.

 

14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Tony Crocetta.

Cure et sinécure

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« Moi je n’ai pas besoin
D’aller à Dax pour mes douleurs !
Regardez ! je reviens d’un soin !
La boue c’est ce qu’il y a de meilleur !
Actuellement nous n’en manquons pas …
Y a qu’à voir la couleur de la Mara !
C’est un des bassins de nos cures thermales,
Le plus réputé pour les douleurs abdominales.
Nous avons nos curistes permanents, les hypos …
Ils tolèrent la présence des paresseux crocos. »
« La boue ! Mes écailles en ont horreur !
Heureusement que je peux m’enrouler en hauteur …
Avec ce qu’il a plu, c’était plus facile d’avaler
Les proies enrobées que nos habituels galets !
Je vois qu’il y a du personnel compétent dans cet établissement. »
« Oui, que voulez-vous toujours le problème des sans-dents !
Pour des loisirs de confort ils viennent en cure
Et nous laissent quelques souvenirs de leurs sinécures. »
« Oui, c’est bien pour vos douleurs … mais pour la notre …
Avec ce lion là-bas étendu qui se vautre …
Et maman qui ne revient pas … nous sommes abandonnés !
Nous craignons que notre dernier heure soit sonnée …
Nous ne ferons peut-être pas la fin du conte …
Quel suspens ! Vous ne faites rien … n’avez-vous pas honte
De regarder notre détresse ? … On a faim ! »
« Ouais Fifi … nous sommes de pauvres victimes d’assassins …
Même si c’est la vie, même si c’est la dure loi de la prairie
Pour nous sont gratuites les douleurs des safaris. »
« Joli coeur qu’allons nous devenir ? »
« Sœurette luttons jusqu’au bout même si nous devons mourir. »
« Maman … pourquoi … »
« Économise tes forces, fais comme moi … »

 

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17 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Les poèmes de Chatnine
Photos : Michel Andrieux Tony Crocetta
Contes de la prairie

 

 

Li Lou le girafon

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« Maman, à faire tant la girouette,
Tu as perdu ta tête ? »
« Mais non Li Lou ! t’inquiète !
Elle ne va pas finir en paupiette !
C’est juste que ma hauteur
N’était pas au top-moteur !
J’ai voulu faire peur au hibou …
Et hop ! Il ne me reste que mon cou ! »
« Mais non ! Tu blagues ! Je la vois bien ! »
« Chut ! Faut pas le crier ! y a des Meltingpotiens ! »
« C’est qui ? je vois rien … où ils sont ? »
« Ils sont planqués derrière les buissons … »
« Ah ! dans leur tam-tam à roulettes !
C’est pour cela que tu as plus de tête ? »
« Non ! c’est à cause du chant de l’alouette ! »
« Oh oui ! chante moi cette chansonnette ! »
« Je peux pas ! tu oublies que j’ai plus de tête !
Allez ! debout ! Cessons de plaisanter
J’ai bientôt fini de parlementer …»
« Avec qui maman ? Avec ta tête ? »
« Non, avec tous ces espions à lunettes !
Quand on te colle une étiquette
Bien souvent c’est pour Perpette ! »
« Père pète ? Pouah ! ça pue du cul ! »
« Je sens rien, j’ai pris du recul ! »
« Tu crois que Philippe te la rendra ? »
« On verra Li Lou, on verra ! … »

 

15 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Cabanel sur Facebook
Contes de la prairie

Contine pour cantine

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Plus vite que la lumière,
La pauvre cuisinière
Est partie de la cafetière
Sans sa tabatière.
Peuchère ! Peuchère !

La voilà dans un trou noir
Même pas un petit bougeoir
Mais un tablier tout noir
Condamné à l’isoloir.
Désespoir ! Désespoir !

Des espoirs qui s’en vont
Danser le rigodon
Sur le pont de Tarascon
Avec un vieux carafon.
Ainsi font, fond, fond !

Fond d’une pauvre casserole
Qui se voit privée d’un rôle
Pour une chanson drôle
Pour les bancs de l’école.
Drôle de colle ! Drôle de colle !

Plus vite que la lumière
Cet air dans les chaumières
Réchauffe les soupières
Aux veillées familières.
À Hyères ! À Hyères !

Enterrée sous les palmiers
La lumière à ses pieds
Fleurie d’un bouquet de roses
La cuisinière en paix repose.
Dépassée par la lumière !
Ma chère ! Ma chère !

14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

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