Quel culot JULIO !
Tout en parcourant la prairie ondulante,
JULIO se souvient de ces belles lionnes aimantes
Connues de tous les soupirants en mal d’amour
Qu’il avait aperçues, lors d’une promenade, un jour
Où sa mère l’avait amené pour prospecter le terrain
Avec l’espoir de chasser en bande, le lendemain.
Après avoir remarqué au loin un zèbre hilare
Celui-là même qui prétend être la conscience de ses amarres …
Voilà notre JULIO en route, le cœur plein de zèle,
Espérant qu’il trouvera accueil auprès des « Rebelles ».
Arrivé sur les lieux, espionnant leur citadelle,
Il est découragé par la hauteur de leur nacelle.
«Comment vai-je arriver à atteindre une des sonnettes ?»
«Même debout … c’est sûr que s’il avait nos têtes …»
Commentent deux girafes élégantes, chacune pariant
Si ce jeune lionceau imprudent finira en steack saignant
Ou vainqueur de ce bastion de chairs endormies
Qui attendent la visite affûtée d’amis ou ennemis.
«Tu vois ce que je vois ? Il ne manque pas de culot !
Il se jette dans la gueule du loup … quel petit sot …
Faut reconnaître qu’il est astucieux le petit démon …
S’il croit qu’il va arriver jusqu’au sommet du tronc …»
Son manège n’échappe pas au taulier de service
Chargé de surveiller les ébats de ces consolatrices.
Donnant l’alerte à tout le contingent, il déclencha
Un remue ménage face à l’assaut de ce petit chat.
Riant de plus belle le zèbre trouve fameuse la scène.
«Ventre affamé transforme un lion en détestable hyène.»
Les pensionnaires de leurs esprits maternels accueillirent
Ce gros chat hardi, bravant tout un sauvage empire
Pour quelques câlins et victuailles pour survivre.
«Ben tu vois, finalement il a trouvé des vivres !
Comme quoi avoir la tête haute n’est pas toujours
Celle que les pieds foulent pour y voir jour.»
Une dispute aurait fini ensanglantée sans l’intervention
Du taulier qui au fond était un bon papa-gâteau-lion.
Et c’est la doyenne qui eut la primauté de chouchouter
Ce Prince tombé des nues dans leur Principauté.
JULIO, restauré, réconforté par la chaleur opulente
De cette puissante lionne, toisa en dilétante
Les deux pimbêches et le zèbre qu’il déconnecta,
Trop heureux et fier, même s’il ne téta pas
Les tétines de cette mère de substitution
Qui aurait bien aimé … s’il n’était pas un jeune lion …
30 Septembre 2020 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photos : Yaron Schmid sur facebook











