Archive pour la catégorie 'Photographe Philippe FREY'
À bon chat, bon rat
Drôle de Maître hibou
Impossibles désirs
Le Tadrart
La parade aux étincelles (5)
Daddy’s beard
«De la barbe à papa ! J’en veux, j’en veux !»
«Tais-toi gourmand imprudent ! Reste sous ma queue !»
«C’est la ouate que je préfère …» en chœur chantèrent
Les membres du jury face à cette apparition mystère.
Julio, intrigué par cette cacahuète flottante épineuse
Murmure : « cette chouette me semble bien frileuse
Pour s’emmitoufler, se cocooner dans de la soie …
Nous arriverait-elle d’un pays où il fait froid ?»
Les membres du jury après plusieurs conciliabules,
En préambule se demandent : quelle espèce de barbule
Aux filaments collants et sucrés de type explosifs
Cache un dangereux barbu à la barbe de ce défilé festif ?
Certains membres reculent par peur des projections.
«Cette envahisseuse aux fils de soie, par affection,
Peut nous mettre le grappin dessus, telle une mente
Dévore notre espace, nous enlise, séance tenante.»
«Pfff … c’est juste un hibou à barbe blanche soyeuse
Borgne de surcroît, un cyclope aux griffes crapuleuses,
Déguisé en asclepias syriaca venu depuis la Syrie.»
Un vrai casse-tête pour les membres du jury !
Le jury indécis, chuchote, sur la notation balise.
«Grouillez-vous avant que cette gloutonne nous colonise !»
Lance cette mère inquiète pour son rejeton qui boude,
Doute que la barbe à papa soit du bicarbonate de soude.
Le départ de cette arachide laissa pensifs mais soulagés
Les membres du jury sur la suite de cette Parade envisagée.
19 Janvier 2022 – Jeannine Castel
Révérence
Un héron gris, grisé,
Pompeux, fier, divinisé,
Lors de cette première,
Remercie tout un parterre.
De sa plus belle révérence
Il s’apprête majestueusement
À saluer le vif engouement
Que lui offre le présent.
Il connait ces bravos capricieux
Qui font de vous un dieu,
Vous chassent aussitôt du paradis,
Fans d’un autre parvis.
Rideau tiré, il sèche ses plumes
Dégrisé, sa raison le déplume.
Il médite, s’abandonne
Dans une posture de madone.
Il délasse ses chevilles
Dans cette eau qui scintille,
Redonne de l’éclat avec bonheur
À ce candélabre ancien danseur.
Il n’est plus désormais
Que volutes de fumée
Dansant dans la lumière
D’étoiles séculières.
1 Décembre 2021 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Philippe Frey / Nomades du monde - Vernon Chalmers
Les murailles de sable
Une muraille de sable menace
D’ensevelir cet éléphant plein d’audace.
Il traverse en solitaire ce désert
Où pâlit la lumière en ce brûlant désert
De la farouche Namibie, belle diablesse,
Au cœur friand d’éternelle sècheresse.
Impassible, il trace son chemin,
Fourvoyé par le mirage clandestin
Des eaux d’une oasis bienfaitrice
Défiant son corps robuste au supplice
Qu’une dune imposante accélère,
Ajoute une ombre à son calvaire.
Cet éléphant de brousse africain,
Aux pieds larges souverains,
S’est amadoué le sol sablonneux.
Ses coussinets en bons pneus
D’évasions rêvent sans cesse
Au sein de ces hautes forteresses.
Ses fringales de jeunes pousses
Le poussent sans arrêt à la rescousse
De buissons aux myrrhes montagneuses.
Sous l’emprise de son âme voyageuse
Il préfère, selon l’humeur, la nuit au jour
Pour déambuler parmi les hautes tours …
De ces murailles sableuses
Lunatiques, ensorceleuses,
Ridées, creusées par le vent
De tourbillons les soulevant
En tumultes et rebellions
Où errent parfois quelques lions …
21 Avril 2021 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook
Crêtes de Tin Merzouga …
Dunes parcourues sur les crêtes
Où seule ma rêverie regrette
De ne pouvoir fouler cette rousseur
D’un Tin Merzouga brûlant de douceurs.
Tout a un prix. L’âge se contente de rêves.
Ma fortune, malgré la récolte de fèves,
Est aussi sèche qu’un désert algérien
Pour des amours offerts à trois fois rien.
Je meuble ma vieillesse de souvenirs irréels
Réjouie par l’existence de ménestrels
Qui figent, en partage, ce plaisir personnel
Pour des vieux cœurs au confinement cruel.
Être ou avoir été … si folle est la course !
Pouvoir rester sur la Grande Ourse
Encombrée d’un pêle-mêle d’allées et venues
Quand le rêve tombera des nues …
Poète, c’est là peut-être son rôle …
Offrir du rêve, donner aux pauvres des rôles,
Prolonger au-delà des dunes désertiques
Cette frustration d’un monde idyllique.
Mon âme, cette grande voyageuse désargentée
A laissé tant de traces patentées.
Sous des orages aux pluies torrentielles,
L’ombre gardera-t-elle sa lumière éternelle ?
Au prochain détour sur les crêtes,
Je vous attendrai. Viendrez-vous peut-être
Sous les doux rayons d’une fin de jour
Entre vous et moi comme au premier jour ?
19 Mai 2020 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook
Un pet de dune
Enfin je sais pourquoi, chères dunes,
Comme moi désargentées, sans grande fortune,
Nous avons en commun, voyageuses poètes,
Ces petits nuages moutonneux en tête.
Véritables dimècres qui épient les lettres,
Entre elles et moi, jalousées secrètement
Par l’ombre et la lumière d’un confinement.
D’un humour gazeux, pince sans rire,
Sans aucun mot, c’est tout là le délire
D’une babouche dont le génie me confie
L’apesanteur de rêveuses telles que nous.
Panurge ou Crésus, le caniche avatar,
D’un pet sorti de cette dune In Ezzar,
Trahit cette nouvelle station de radar.
Juste un petit nuage entre nous
Dont le rendez-vous n’était pas pour vous,
Ni génie, ni mouton, ni caniche, rien ! tintin !
Juste un petit nuage du désert marocain
Expulsé par un pet de dune plaisantin.
Erg Chegaga my lady Dune
Nous pétons de joie, c’est notre fortune.
19 Mai 2020 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

















