Archive pour la catégorie 'Photographe KLIBI Sabri'

Sir Éclat de noix

Sir éclat

Sir Éclat de noix, fauvette mélanocéphale mâle,
Dans un décor flou, couleur jaune pâle,
Sur sa mangeoire ensoleillée en Roussillon,
D’un éclat de noix interrompt le roupillon
De Dame Griffonne qui aussitôt de vive voix
Reproche à cet impoli de lui casser les noix.

Mécontent, notre mâle gonflé à bloc réplique
Qu’après tout dans la nature rien n’indique
Qu’il y avait des heures pour briser les noix
Pas plus que de siffler de sa belle voix.
L’ambiance s’envenime. Atteinte de jaunisse,
Le perchoir déjà bancal est au supplice.

Face à cette femelle soupe-au-lait, ronchon,
Notre mâle essaie d’égayer son bourrichon,
Pressé de transporter son léger baluchon
Vers un plus coquet perchoir moins pâlichon.
Dame Griffonne cèdera-t-elle à la complainte
De Sir Éclat de noix sans gêne ni contraintes ?

Dame griffonne va-t-elle céder à la passion
De ce dragueur des cimes en mauvaise position ?
Pour ses notes rimées résistera-t-elle fermement
À ce Pistachié à la noix émoustillé à l’accouplement ?
Sur la défensive agrippée à sa balançoire privée
Vers Sir Éclat de noix Dame Griffonne va-t-elle dériver ?

 

15 Mars 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
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La griffonne

trapeze

Dame Griffonne sur sa balançoire
Monte la garde sur sa mangeoire.
Elle n’a rien trouvé de mieux
Que l’os d’un élan curieux.
Un os grincheux à double tête
Pour la trapéziste fauvette.

Depuis le temps de sa jeunesse
L’os montre les signes de vieillesse
De cet orignal aux élans édentés
Qu’une gueule ouverte apparentée,
Pour un tête-à-queue de recyclage,
A sauvé Dame Griffonne du naufrage.

À l’appel du printemps qui chante
Belle Dame Griffonne hésitante
Ne sait de ses bouquets de mariée
À quel mâle ses amours confier.
Quitter ce vieil os nourricier, paisible,
Pour une voltige peut-être nuisible ?

À l’affût, avec grâce, Dame Griffonne
Sur ce vieil os familier se cramponne.
L’os retenu par de secourables ficelles,
Défunt momifié embarqué sur cette nacelle,
Se laisse bercer par la douce chansonnette
De cette griffonnée et sautillante fauvette.

Dame Griffonne sur sa balançoire,
Admirable fauvette à tête noire,
Se balance avec soin, agitée, confuse, 
Aux aguets de la moindre ruse,
D’un dessein à la hâte griffonné
Par un envieux et possessif pinsonnet.

 

11 Mars 2021 – Jeannine Castel

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Spectre ou trophée ?

spectre

Un spectre à tête de Klibi impressionnant
Est apparu dans la baie des morts-vivants,
Sur la corniche Arènes Gros, une nuit
Où la lune avait fui ce monde d’ennuis.

Posé à côté de son corps de plumes,
Tel un humain hanté d’us et de coutumes,
Éclairé d’un mystérieux esprit nocturne
Il voguait sur les flots muets, taciturnes.

Entre chien et loup flottait ce trophée
Dont le corps était sous l’emprise des fées.
Cette étrange ressemblance avec Sabri
Les poussèrent à guillotiner Klibi, assombri.

C’est ainsi qu’avant de disparaître
Son spectre pour la mémoire des paramètres
Le temps d’un light painting sans trucage
En trois minutes servit un œuf à la coque au montage.

22 Octobre 2020 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
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Contes et plumes

l'aquarelle

Ce héron cendré aime les voyages.
Non pas sur cette Terre de carnages
Mais dans les livres de contes …
De ce monde Il suffoque de honte.

Sur les étangs brumeux des estampes
Il vole, infatigable, à se filer des crampes.
Il s’imagine invincible sur des cimes
Où l’on a bani le mot déprime.

Sur les pages satinées d’un roman,
De ses plumes il recrée un firmament,
Affronte le brouillard des sentiments
Face à un inconnu sans excréments.

Mais sitôt le polar quotidien le rattrape,
Le roman feuilleton lui lâche pas la grappe.
Il a beau voyager dans les mappemondes
Le rêve a faim, coupé du monde.

D’un retour de flammes pour un nouveau conte
Il brûle d’envie, hésite vers ce labyrinthodonte
De franchir et pénétrer dans un crâne
Aux histoires insensées, bonnes pour les ânes.

C’est ainsi qu’en suspens, emplumé de culture
À livre ouvert, déplumé d’alléchantes couvertures
Il tenterait bien un voyage en nacelle
Histoire de découvrir ce que lui conterait cette aquarelle.

 

9 Octobre 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
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Vol de nuit

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Trois grues cendrées
D’un vol de nuit
auraient engendré
Dans un bain de minuit
Ce croissant de lune …

Vol de nuit
Pour un croissant de lune
Sans nuit
Ni croissant
Ni lune.

Voler la lune
Par ennui
La nuit
Du vol
Garda ce croissant.

Lac de Der
D’une nuit d’enfer
Ce croissant de lune
Habité d’un vol
Passe et perd …

En ce vol de nuit
Un morceau de lune,
Oublié par le soleil,
Fit la fortune
D’un croissant.

 

5 Octobre 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
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Graines de colère

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Quand un chardonneret se met en colère,
Furieux, il envoie tout valser par terre.
Tel Pegasus, volète, prend de la hauteur
Afin d’écraser la pauvre mésange prise de peur.
Elle qui croyait avoir affaire à un ange,
Déçue, la naïve et confiante mésange
S’aperçoit que ce chardonneret en colère
N’est autre qu’un furieux coq de bruyère.
Intimidant de sa supériorité la malheureuse
Il ose réchigner contre cette valseuse.
La face voilée, cet agressif pique-assiette
De quelques graines bombarde la pauvrette.
S’aggripant à la coupe pleine elle tient tête
À cet arrogant, belliqueux chevalier sans tête.
Injurieuse, la mésange crie au scandale !
«Élégant, mon oeil ! Tu n’es qu’un vandale !»
Le chardonneret se moque et de plus belle
S’agite, la chasse de mouvements d’ailes,
De bombes et d’obus sauvagement mitraille
La mésange et son bol de victuailles.
Dans un débat où même la raison se perd,
Ce rustre provocateur de quelques revers
Triomphe, pavoise d’avoir dans son jeu pervers
Amené la mésange à prendre un bol d’air.

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4 Octobre 2019 – Jeannine Castel

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L’alerte

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Flou
Le monde est flou.
Si flou, si fou
En ce déclin
D’esprits malins
Géniaux merlins
Aux perles et pépins
Vaincus par la faim.

Ce vil monde
De ses ondes,
De trafics,
D’un dernier hic
Nous conduit
Vers la dernière nuit
D’un huis-clos
Par défauts.

Tête à tête
Finie la fête !
De conquêtes,
De tempêtes,
Trouble-fêtes
La nature s’apprête
Au grand silence
De nos démences.

Beau
Le monde serait beau
Sans complots,
Sans personne,
Afin que résonnent
Les chants d’oiseaux
Et leur gaieté
Sur nos feues pauvretés.

 

28 Avril 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
photo : Klibi Sabri sur Facebook

Gare des Ramières

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à nous …

Gare des Ramières,
Sur le fil d’un quai,
Mes poèmes suffoquaient,
Recouverts de poussière,
Entassés dans une boîte en carton.
Ils dormaient sur du papier brouillon,
À part quelques chanceux échantlilllons
Distribués comme des bonbons.

Jusqu’à ce jour, sur ce quai,
Ranimée d’un tour de tourniquet,
Martine, voyageuse de première,
Avec sabri, en cette Gare des Ramières,
Comblèrent sur un arrêt providentiel
Mon attente dans tout ce vaste ciel,
Découragée de n’y voir que du fiel.

Gare des Ramières
Nous étions trois,
Sur cette ligne animalière
De joies et d’effrois,
Sous la houlette de Sylvie
Qui poussait à l’envie
En bon Chef de gare de la vie.

Gare des Ramières,
Trois guêpiers patiamment
Attendaient, l’allure altière,
Sous la voute du firmament,
Un passager venu de la pluie
Qui voulait de ses ennuis
S’oublier dans quelques récits.

Gare des Ramières,
Nous étions trois
Pièces de choix,
Aux plumes familières,
De départs et d’arrivées
En ce val de Drôme,
Sans cesse ravivés.

Gare des Ramières
Nous sommes trois
À l’école buissonnière,
Suprématie des Rois,
Qui trônent en pleine nature
Sous les aléas des créatures
Mais aimés par Dame Nature.
Par trois guêpiers ! Longtemps nous dure !

 

19 Juillet 2018 – Jeannine castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur sur Facebook

 

Les cris des hirondelles

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Les cris des hirondelles
Cette année m’interpellent,
Me renvoient à ma jeunesse
Dans mon humble forteresse.

Baroudant le ciel d’été,
D’été en été infestés,
Elles ont comme moi résisté
Sur tant de vols manifestés.

Qu’ont-elles à me dire
Sur leurs ballets en délire ?
Mon coeur elles déchirent.
J’ai mal, j’ai mal du pire.

Ah ! voler avec elles ce matin !
Les cris des hirondelles enfantins,
Quelque part du lointain,
N’ont pas quitté mon chemin.

Ces vagabondes de mon être
Nichées au-dessus de ma fenêtre
Ne peuvent plus y naître …
Tout est parti avec peut-être.

Encore un été avec vous,
Hirondelles et hibous,
Amis de mes mots, de mes rêves fous,
Passagers de nos rendez-vous.

Les cris des hirondelles
Ce matin de ma nacelle
 M’ont présenté leurs hommages …
À l’an prochain ! … pour de nouveaux bavardages.

 

1 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
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La Dolce Vita

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La Dolce Vita …
C’était quoi ma Lolita ?
Se demande l’échasse blanche
Ce matin d’un calme dimanche.
En prenant un bain de pattes,
Elle cherche, sur cette eau plate,
En vain quelques souvenirs
Absorbés par le nadir
De cette voûte céleste floue
De nacre rose, entre chien et loup.
Juste un petit filet d’écume
Dissipe les ondes de la brume
D’une vie qui se voulait rose
Quand l’important, cette chose,
Se contentait de trois fois rien
Qui vous colle comme un vaurien.
Faute d’accorder ses violons,
Dans un monde éternellement long,
Secouée de quelques frissons,
Noyée ! dans cette mer de glaçons
La Dolce Vita ! …
Juste un reflet ma Pépita
De ce passé effacé par la morosité
D’un horizon jamais atteint, toujours parasité,
Comme si le bonheur d’une vie douce
N’était que superficielle mousse.
De peur que n’éclabousse son oubli,
L’échasse sans le mondre repli
Délicatement gratte dans les fonds,
Jusqu’au moindre pouce,
Sur les cordes du souvenir profond
Quand se la coulait douce 
La Dolce Vita.

4 Juillet 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : KLIBI Sabri Photographies  » Artiste Photographe Compositeur «  sur facebook

 

 

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