Archive pour la catégorie 'Photographe Gil STREC'

Sur le chemin

22467556_1644621188917913_6200101350752162065_o

Sur le chemin
Chacun va, chacun vient,
Chacun part, ne revient
De ce bout du chemin.

Qu’il soit lièvre ou tortue
Chacun vit, chacun tue
Son ennui, son chagrin,
Pour une même fin.

Qu’il soit court, qu’il soit long,
Tout en tournant en rond,
Chacun va de pont en pont
Qu’il soit santon ou démon.

Qu’il soit, qu’il soit,
Où qu’il soit, qu’il soit
Béni ce chemin de croix
Où je chemine avec toi.

Sur le chemin, chacun va, chacun vient
Du départ à l’arrivée chacun
Croise, se lie, se sépare, détient
Ce petit rien qui nous va si bien.

 

24 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

Avec les yeux de l’amour

30623725_1841978555848841_8469640190195924992_o

Toi qui m’a tant touchée
Sans caresser mon corps
Te revoir, te revoir encor !
Mon âme n’a fait qu’une bouchée
De cette déclaration inattendue
D’un inconnu jamais entrevu.

Avec les yeux de l’amour
J’ai caressé le doux velours
D’un rêve que j’ai tant touché
Avec mes yeux qui n’ont effarouché
Que ce désir inassouvi, impossible,
D’un amour dans tes yeux inaccessible.

Toi qui a tant touché de chairs effilochées
Sans faux jour, te voilà rabiboché.
Te revoir, te revoir amouraché
Pour avoir tant touché, sans toucher !

À l’aube ici-bas de nos adieux
Avec les yeux de l’amour, radieux,
Tu m’attends pour toucher tant et tant
Ce corps tant touché devenu transparent.
D’ailleurs ne suis-je pas à ton insu
Assise sur ce fauteuil vide, inaperçue !

Toi qui m’a tant touchée, ton âme
Au porte-manteau a déposé sa trame.
Et toi qui a tant touché, tu vois
Avec les yeux de l’amour pour la première fois.

 

11 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

Contine pour cantine

12401665_1519522865015048_755395132361345407_o

Plus vite que la lumière,
La pauvre cuisinière
Est partie de la cafetière
Sans sa tabatière.
Peuchère ! Peuchère !

La voilà dans un trou noir
Même pas un petit bougeoir
Mais un tablier tout noir
Condamné à l’isoloir.
Désespoir ! Désespoir !

Des espoirs qui s’en vont
Danser le rigodon
Sur le pont de Tarascon
Avec un vieux carafon.
Ainsi font, fond, fond !

Fond d’une pauvre casserole
Qui se voit privée d’un rôle
Pour une chanson drôle
Pour les bancs de l’école.
Drôle de colle ! Drôle de colle !

Plus vite que la lumière
Cet air dans les chaumières
Réchauffe les soupières
Aux veillées familières.
À Hyères ! À Hyères !

Enterrée sous les palmiers
La lumière à ses pieds
Fleurie d’un bouquet de roses
La cuisinière en paix repose.
Dépassée par la lumière !
Ma chère ! Ma chère !

14 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

Te laisser partir

30739055_1847113698668660_8972529806281277440_o

Je te laisse partir
Alors que du Zéphir
Apparaît la lumière
Sur nos sombres ornières
D’un soleil couchant
Pour une dernier chant
Qui dérive sur l’onde
À l’indifférence du monde.

Te laisser partir
Sans te retenir,
Alors que ma nuit féconde,
À l’abri du monde,
De mon arbre enraciné
J’avais pour toi dessiné
Un horizon flamboyant.
Mon pauvre amour ignorant !

Te laisser partir
Pourquoi te retenir !
Si noirs sont tes désirs.
Sans y revenir,
Sur cet étroit ruisseau,
Je n’ai que cette photo
À t’offrir en souvenir
De t’avoir laissé partir.

Te laisser partir
La nuit va revenir
Mon âme va guérir
Car au lever du jour
Un bien plus bel amour
M’attend au détour.
Te laisser partir par amour
Sans le moindre recours.

Te laisser partir.
Déjà le nadir du plaisir
Balaie devant ma porte
Les quelques feuilles mortes.
Elles ne sont que les mensonges
Semblables à ceux des songes
Et d’un coup d’éponge
Je te laisse partir !

 

16 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

 

 

Encore un peu de poésie

557298_419947318051979_183663910_n

Juste un petit poème,
Le temps de dire « Je t’aime ! »
Écrit dans l’espace
Le coeur plein d’audace.

Invisibles, cachées, elles planent,
Discrètes, jamais ne se fanent
Ces lettres d’un amour éternel
Écrites avec l’encre de l’irrationnel.

Il y aura bien pour les lire
Quelqu’un, dans ce grand Empire,
Qui accueillera leur sourire
Échappé d’un monde de vampires.

Désormais comme une aura, secrètement,
Elles couronnent d’un continuel printemps
Ces mots rabâchés tant et tant
Par les langues des Continents.

Il suffit que je caresse de ma main
L’espace qui me répondra, c’est certain,
M’aimera jusqu’au bout du chemin
Et d’un « je t’aime ! » scellera ma fin.

Mais voilà, c’est déjà la bousculade !
Il y a trop de monde sur l’esplanade !
Des esprits jaloux de cette faveur
Cherchent à gommer les mots de mon coeur.

Encore un peu de poésie
Sur la beauté cramoisie.
La musique de Count Basie
M’apporte un peu de fantaisie.

 

20 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

Décrépitude

29339438_1815545545158809_2932569322855333888_o

Décrépitude …
Cette salle d’études
Désertée par le jeunisme
N’attire pas le voyeurisme …

Décrépitude …
Son mal d’altitude
D’une chair de poule
A besoin d’ampoules !!

Le temps cet ennemi,
Ce croulant bon ami,
A craquelé son vernis.
Ô  jeunesse ternie.

  Ce puzzle effrité
De lambeaux irrités
N’a pas célébrité
Chez Botox & diversités.

Jusqu’à la mort repoussée,
Les cendres ont détroussé
Cette décrépitude innommable,
Ce scandale intolérable.

De plâtras rafistolée,
De cataplasmes bariolée,
Artificiellement violée,
La décrépitude s’est envolée …

Pour un monde d’extases
Sur des visages en phases
D’une beauté pourchassée
En ces temps de fuites enchâssées.

Des rides étrangères
Victorieuses de guerres
Nous arrivent de naguère
Sur de curieuses galères …

 

19 Mars 2018 – Jeannine Castel
photo : Gil Strec sur Facebook

PAFFF ! …

24254786_1695092980537400_330103967095162448_o

Vieillir, la belle affaire …
Constater que tout reste à faire
D’une vie qui s’est écoulée,
Traînée par d’infortunés boulets
Qui ont tiré à hue et à dia
Leurs traites complots de vils parias.
Ils ont forgé dur comme le fer
Ma vie où m’attendait l’enfer.
Et je constate que l’Univers,
Lui aussi, a subi quelques revers.
M’ont-ils sauvée ? Croyant tuer …
Ma vie qui dans les nuées
Sagement patientait pour mener à bien,
Déjouer la haine de ces «  Combien « .
Certes la survie ne fut pas facile …
Au milieu d’importants et gentils imbéciles
Qui m’ont accompagnée toutefois, jusque là,
Pour vieillir et vivre d’au-delà.
De tristesses et de sourires, je pleure encore
Non pas sur mon sort, ni ma mort indolore,
Mais sur tout ce que j’avais de moi enfoui,
Détruit bien souvent par de simples oui.
Je ne sais qui guide ma main à cet instant,
Ce monde  incontrôlable est si original.
Vieillir, la belle affaire, sans se retourner,
Sans savoir de demain les nouvelles tournées.
Mardi-gras et ses cendres sur d’anciennes foulées
Ont gratiné ma vie jusqu’ici écoulée.
Un mur de solitude clôture le présent
Tagué de rides, tatoué par les ans.
De quel cratère cette lave corrosive, brutale,
A jailli des ruines de vies en cavale ?
Quel spectre se sert de ma plume complice
Pour étaler une vie parfumée d’artifices ?
Vieillir, la belle affaire, paf .. tout s’écroule !
Une âme libérée vient de quitter la foule.
Je me retrouve relisant ces mots,
Seule, avec les provisions de mon sac à dos.

 

12 février 2018 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

La servante

27657960_1764036043643093_5866028728776900596_n

La lumière sur son jupon blanc
Trahit l’ardeur de son attente …
Mais un radiateur à côté de ses flancs
Réchauffe le coeur de cette amante.

Dénudée par les fantasmes et les perversités,
Cachés sour l’armure des chevaliers,
Elle retrouve un semblant de virginité,
Soumise à la venue d’un éventuel cavalier.

Prête, détachée, son corps maltraité
Est mort à la vie qui la retient encore,
Tentant le diable sans toutefois l’allaiter.
Ce halo de blancheur la rachète et l’honore.

Elle médite, tourne le dos à son passé,
Réconfortée par cette douce lumière
Qui vient à ses pieds la traverser,
La délivrer par cette dernière prière.

Servante d’un Seigneur, bonne à tout faire,
Lasse des assauts aux coeurs de pierre,
Aveuglée face à l’opacité du vitrail
Elle attend, le coeur fervent, sa montée au sérail.

 

3 Février 2018 – Jeannine Castel
Photo de Gil Strec sur Facebook

 

De bric et de broc

15403765_1644177229216277_4850131729235879040_o

De bric et de broc
Une chapelle couverte de cloques
Transpercée de tiges de fer
Saignées des brûlures de l’enfer
Qui en ce lieu a chassé la présence
Du Saint Sacrement, salutaire délivrance.
Autel vidé de Saints ressuscités
Joseph et l’enfant Jésus pour la postérité
Sont restés.

Désolation et consolation
D’une Terre Promise en démolitions,
La voute a résisté aux éboulis,
L’ivraie sur l’autel a fait son lit.
Des furies ont effacé les fresques.
Un sultan a pris place ou presque
Sur un tapis volant de breloques et franges
Il n’a rien de la beauté d’un ange.
Quel monde étrange.

Prières et encensement d’un passé oublié,
Moisis et crachats sur un culte.
Lys fleuri d’une sainteté spoliée,
Terre Sainte habitée de tumultes.
Un Christ fidèle pour infidèles exigeants,
Les églises sont en ruine faute d’argent.
Les marchands occupent la nef d’antan.
 Nos grands Saints sont devenus combattants
Pour un Christ triomphant.

Réveil brutal sur la foi qui erre
Sur un itinéraire aux nombreux cratères.
Agneaux d’un troupeau au berger itinérant,
Ma foi de charbonnier englobe ce néant.
Chapelle ardente d’un monde décadent,
Luxure d’un linceul immaculé aux bans
Affichés sur des écrits aux portes des églises
D’une Mère sans tache, éminence grise
Manipulée, Adorée.

 

14 Décembre 2016 – Jeannine Castel
crédit photos : Gil Strec photographies sur Facebook

 

L’homme noir

12232699_1563601467273854_6954702904394434094_o

L’homme noir qui tambourinait à ma porte
Parfois un chiffonnier lui faisait escorte.
Il est toujours là, caché dans le noir
Où s’engouffre la peur quand vient le soir.

Son ombre collée à la mienne me poursuit.
J’ai beau presser le pas, cherchant un appui.
Quant au ramoneur tout noir de suif …
Tirons les rideaux, minuit va sonner … puis …

L’homme noir caché sous le lit,
Dans un cauchemar à hurler de peur,
Hantait de jour et de nuit la panoplie
Que ma mère dépliait à mes frayeurs.

Il est toujours là caché dans l’ombre.
La nuit, sa complice, d’un long manteau
Camoufle en ses recoins, ses cachettes sombres,
Cet homme noir à la canne et au chapeau.

Il va sur les pavés humides des rues
Chercher les enfants qui ne sont pas sages.
C’est un inquiétant et redouté intrus
Qui calmait les caprices et crises de rage.

 

6 Décembre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

1234

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus