Archive pour la catégorie 'Littérature et Poésie'

Des nèfles juteuses

gratis

Demain on rase gratis !
Cette expression sur nos parvis
Serait à l’origine de la démesure
De la longueur de nos coiffures.
Un époustouflant dénouement
Suite à un capillaire serment
D’un barbier inconnu de passage
Qui prononçait le même message
À la barbe de tous les nigauds
Défrisés par le sens des mots.
C’est ainsi que de jour en jour
«À demain» remettait le tour.
Certes le barbier ne fit pas fortune,
Le barbu ne voulant ps dépenser une tune.
Ce qui fait que du poil abondant
Notre corps ne fut pas perdant.
Comme quoi avoir des oursins dans les poches
A fait de nous des stars du cinoche.

 

17 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photo : Dominique Gressien sur Facebook

 

Des mots, d’émotions …

mots

À la source de l’inspiration
D’un génie en ébullition,
De la poésie à la fiction,
Des mots, des mots, d’émotions …

Des flots de mots,
Des vagues de phrases,
Sur les ailes de Pégase
Se mirent sur l’eau.

La houle les berce.
La foule en fait lecture.
Romances et aventures
Fauchés par la herse.

De tempêtes et naufrages,
D’oublis et abandons,
Esclaves soumis au don,
Ils nichent sur les nuages.

Ils retombent avec la pluie,
Ruissellent sur les carreaux.
Des pages avides de mots
Sans eux, meurent d’ennuis.

Les mots sur les flots
Voguent sur les mers.
Poséidon de son javelot
Les sèment aux déserts.

Foulés par les caravanes,
Grains de sable blond,
Hoquettent sur les dos d’âne
En farandoles, joyeux lurons.

Récupérés par Neptune
Pour séduire la lune
Afin qu’au clair de lune
Au poète offrent fortune.

7 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine

Photo : Jeannine Castel

 

 

 

Publié dans:Littérature et Poésie |on 16 septembre, 2021 |Pas de commentaires »

GOMINA

zizichoubis

J’ai fait cette nuit un rêve surprenant !
Était-ce au soleil couchant ou soleil levant ?
Je ne saurai dire le pourquoi du comment
Qui m’a occupée l’esprit ce jour durant …
Comment suis-je arrivée face à ce monument
Qui m’attendait au sommet d’un tournant ?
Il ressemblait étrangement à ZIZICHOU …
Plus imposant, plus acajou était son aboucouchou.
Pas de boutchou apparent entre ses pattes …
«Ah te voilà ! Comme tu vois je suis là ! Ça t’épate ?»
Me dit-il en me toisant d’un regard hautain
Avec une pointe d’ironie dans ses petits yeux malins.
Les poils de sa crinière en auréole d’un effet gominé
Formaient une capuche pour coquet gros minet.
Était-il le partenaire de ZIZICHOU le transgélada ?
Même tenue … dommage que GERATO n’était pas là …
«Alors ? Mon décolleté balconné te dérange ?»
Je me vis morte au royaume des anges …
«Vous pelez … ce coup de soleil doit vous faire souffrir …»
«À part écrire, que sais-tu de nos parties de plaisir ?»
Après tout, je n’avais fait qu’écrire ce que GERATO
Avait trouvé à redire sur l’accoutrement de son gigolo.
Ne sachant ses intentions, j’essayais de détourner
Son attention qui risquait pour moi de mal tourner.
Je remarquais son bandana qui soutenait son bidon
Et d’un sursaut me réveillait en chuchotant un nom
GOMINA, GOMINA …
Soulagée, curieuse de savoir la suite de mon cinéma …

 

12 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Gilles Thomas sur Facebook

 

 

 

BRUSH

Brush

J’aime les caprices du vent !
Tantôt cajoleur, tantôt insolent.
Il me donne parfois des ailes
Charmées sous sa ritournelle.
Il lisse mes poils en bataille,
D’un brushing il débroussaille
Ma crinière brune et blonde
Qui fascine les regards du monde.
Ainsi au gré de ses humeurs
C’est lui qui me sert de tailleur.
Là, on dirait que je suis manchot !
Cette cape me tient bien chaud.
Le vent sait aussi être glacial.
Enveloppé dans ma fourrure,
Admirez ma puissante carrure
De mécène drapé avec ses attributs
Toujours prêt à marquer un but.
Mais quand le vent est furieux,
Je préfère changer de lieu
Car il balaie de son courroux
Mes poils qui deviennent fous
Comme ses folles bourrasques
Qui me collent aux basques.
J’ai beau grogner, l’invectiver,
Je deviens sa propriété privée.
Lui montrer les dents ne sert à rien
Il n’en fait qu’à sa guise ce vaurien.
Sans prévenir, il disparaît, tombe,
Part peut-être aérer les tombes …
Toujours est-il que je préfère sa brise
Douce, caressante, intrépide, soumise.
Ses chuchotements dilatent mes papilles,
D’une fringale amoureuse saisissent mon corps.
Je n’ai qu’une envie, dénicher un trésor !

brush1

 

11 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photos : Dominique Gressien sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaleur estivale

cap Sagrés

L’écume des flots bouillonnante
A effacé les traces ardentes
De nos corps enlacés sur la grève
Au cours de vacances trop brèves.

Il ne reste qu’un fracassant souvenir
Qui vient sur les rochers ensevelir
Une passion aussi vite alitée
Par les tempêtes de la réalité.

Le sable blond a gardé le charme
De nos baisers en ce vacarme
D’un cap, d’une rencontre, d’une balade,
Où je reviens, seule, nostalgique nomade.

Ressac de la houle sur un passé
D’un été, d’une amourette délaissée,
Brisée par le reflux d’une déferlante
Après un flux pour une amante.

De feus frissons les flots
Heurtent à fleur de peau
Un désir éphémère
Vers Sagres et sa beauté côtière.

15 Août 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Antonio Gaudencio sur Facebook

 

 

 

 

CAP’TAINE

Captaine

«Ça alors ! J’en crois pas mes yeux ! CAP’TAINE !
Il était en guerre depuis … un paquet de semaines !
Parti combattre les « Bavoirs rouges », leurs adversaires
Venus par surprise nous chasser de nos ancestrales terres.
J’avais bien vu, caché dans les touffes d’hélichrysums dorés
Un « Bavoir rouge » qui semblait les espionner … mais apeuré
Je me suis vite faufilé dans mon terrier sans chercher
À comprendre ce qu’il était venu par là dénicher.
J’ai assez de tracas, sans cesse sur le qui vive, à surveiller
Les loups qui viennent me déloger jusque sur mon oreiller.
Sans parler des bombes ailées qui planent en silence
En se jouant de l’ombre, mon unique et dernière chance.
Vêtu de son caban en fourrure, tel un vieux loup de mer démontée,
Il médite, fait le bilan de cette bataille sans pitié ni bonté.
Tel Napoléon après Austerlitz il contemple son nouveau domaine
Fier de ses troupes courageuses épuisées mais aujourd’hui sereines.
Une fois encore ils ont bravé ce traitre assaut, ravi des jeunes femelles
Pour atténuer les risques de consanguinité grâce à des têtes nouvelles.
Les harems rajeunis de cris joyeux respirent à pleins poumons, harpentent
Leur territoire aggrandi qu’ils découvrent sur de prometteusess sentes.
Hélas, trois bébés ont perdu leur mère faite prisonnière par l’ennemi.
Braves et bonnes mères prévoyantes qui ont pris soin en catimini
D’abandonner douloureusement leur enfant pour leur laisser une chance
D’être adopté avec amour par des femelles stériles en souffrances.»
Content malgré le danger permanent et quelques galeries démolies
GÉRATO s’octroie une sieste sur la descente d’un de ses lits …

bavoir captain1 orphelin3

7 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photos : Dominique Gressien  Gilles Thomas sur Facebook

 

 

 

GÉRATO et ZIZICHOU

gerato

Après une nuit passée dans une de ses galeries,
GÉRATO vient de déboucher l’orifice de sortie
Condamné aux visites indésirables de prédateurs,
Encombré de sa litière et de déchets de rongeurs.
Prudent, il quitte le terrier. «Pas de loup à l’horizon !»
De ses yeux proéminents fixés en haut de son front,
Il surveille la présence sournoise de rapaces en vol
Et d’un petit déjeuner profite de ce coup de bol.
Tout en dégustant sa salade, il observe tout au loin
ZIZICHOU dont on dit qu’à cause de conflits environnementaux
Et d’un chou, d’une mode incommode, planté dans son cerveau,
Il serait devenu un transgélada éthiopien en jupe-pantalon, selon
Les rumeurs qui circulent parmi les racontars à vous casser le melon.
D’ailleurs GÉRATO de ses deux longues pelles a beau creuser,
Des tas de questions le turlupinent à vous donner la rosée.
«Pourquoi porte-t-il un slip si c’est pour exhiber
Le bout de son sexe export-import avec un doute prohibé ?
Est-ce AGLAÉ qui l’habille de cette étrange façon ?
Franchement sur sa robe bustier mettre un caleçon ?!
Avec son pantalon de cow-boy à fanfreluches quel effet !
Même une peluche ne voudrait de son conte de fées !
Il a de ces seins ! Porte-t-il un soutien-gorge balconné ?
En tout cas son poitrail en fusion est prêt à ballonner !
Est-ce un caleçon ou un bandana ? Time is monney !
On dirait une receveuse des anciens trolleys !
Enfin trans ou pas, de son blé en herbe j’en ai cure.
S’il fallait raconter toutes les erreurs de la nature…
En plus avec ce réchauffement climatique déconcertant …
On dit bien que l’on creuse sa tombe avec ses dents …
Mais je n’ai pas trouvé une autre solution pour survivre
À tous ces empêcheurs de tourner en rond pour vivre.
De ce pas je vais rejoindre mes galeries souterraines
Mais avouez que ZIZICHOU a une provocante dégaine.»

gerato3 Zizichou

 

5 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photo : Dominique Gressien sur Facebook

 

 

 

BECAUSE

Because

Bien que BECAUSE rime avec ménaupose …
La mort, bien souvent, à ceci, met une pause.
Les nombreuses perles de son magnifique collier
Laissent supposer que BECAUSE mainte fois s’est liée.
Convoitée par le bedonnant client de l’habile AGLAÉ,
Elle redoute de devoir encore aménager dans un autre palais.
Sous l’emprise du volubile et tyrannique CROQUEMBOUCHE,
Elle se donne, pour décourager son soupirant, un air farouche
Dans la crainte que virent au rouge vif les feux clignotants
De son cœur de Jeannette exposé à tous les prétendants.
Mais CROQUEMBOUCHE prend à la rigolade ce freluquet
Engoncé dans son costume remodelé par l’habile AGLAÉ.
Ce n’est pas tant pour l’histoire d’une femelle qu’il va
Affronter ce conquérant tout juste bon à faire la java.
Il veut prouver et mettre un point d’honneur à ces envieux,
Ces trouble-fêtes qui perturbent son harem et son sourire radieux.
À l’heure du combat, le collier se transforme en chapelet
Car la vie de son enfant, ce doux et innocent agnelet,
Dépend du sort dont il questionne la courte-paille
Pour savoir qui sortira vainqueur de cette maudite bataille.
Sa vie tient à un fil car le nouveau chef et son beau costard,
Sans pitié, le zigouillera après l’avoir traité de bâtard.
Inquiète, BECAUSE, entre la poire et le fromage, ne souffle mot.
Elle a déjà, en ces circonstances, avorté de quelques marmots.
Prudente, elle a mis à l’écart son dernier-né avec l’espoir
Que ce moussaillon sera sauvé et oublié du désespoir.
Pour l’instant chacun des prétendants au vert est assis.
Ils attendent le feu rouge pour foncer avec leur châssis …

Croquembouche moussaillon

3 Septembre 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photo : Dominique Gressien sur Facebook

 

 

 

 

Buenos Aires

P1480612

Les tours de verre
De Buenos Aires
Grouillantes de vie
En vis à vis
D’un lâcher prise
Fendent la bise
Dans des couloirs
À la tombée du soir
Sur ces lisses façades
Neutres palissades

Gratte-ciels
De palais artificiels.
Une fleur de métal
En guise de cordial
A fleuri sur des caveaux
De bourgeois cerveaux.
Des vagues de froid
Heurtent les parois
Des tours de verre
De Buenos Aires.

P1480660

 

21 Juin 2021 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Monique Mechelys sur Facebook

Aglaé

aglaé

Trônant au milieu des hélichrysums en fleurs,
Une dernière retouche s’impose par son tailleur
Que l’on surnomme ironiquement AGLAÉ
À cause de ses calembours dignes d’Alphonse Allais.
Mais à cette heure, au diable la calembredaine,
AGLAÉ doit camoufler avec art l’imposante bedaine
De ce puissant bellâtre, muet comme une carpe,
Qui refuse obstinément le port d’une écharpe
Afin que sa promise, la pudique et farouche BECAUSE
Foudroyée, se pâme par la vision d’une vie en rose.
«Et je cousais, je cousais …» chantonne AGLAÉ en sourdine
Louchant de temps en temps vers cette insondable trombine.
Cette petite main, fan des chansons anciennes de Juliette
Se dit être la cousette complice des cœurs de Jeannette.
 «Des bruyantes parodies amoureuses je suis la cousette,
De ces singes-lions flamboyants je suis la dévouée Cosette.
De fil en aiguille mes impétueux jeux de mots,
À rebrousse poil, rêvent d’un flambant chalumeau
Pour brûler ces crinières opulentes, arrogantes,
Qu’aucun chat, en chalut, n’a lu mots al dente.»
Chacun dans sa bulle, en pleine floraison, ils concoctent
Les pièces rapportées des fonds de culottes.
Ce coquet prétendant s’apprête à affronter
La bande de mâles de réputés adversaires éhontés.
Blasés, lassés de la monotonie de leur harem
Ils transformeraient volontiers ce prétentieux en totem …

 

2 Septembre 2021 - Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
photo : Dominique Gressien sur Facebook

 

 

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