Archive pour la catégorie 'Art'

Le coq

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Un coq pétant le feu
Tout fier, tout radieux,
Se vantait à qui mieux mieux
De son poulailler merveilleux.
Gonflé à bloc, idole des stades,
D’autre cocorico, point sur l’estrade,
Ne pouvait, même en camarade,
Venir en ce lieu battre la chamade.
Un jour, l’horrible fantaisie le prit
D’exiger de ses poules en batterie,
De pondre un oeuf carré ! Ouais ! …
Ambitieux d’une plus grande renommée,
Tel un croupier attentif aux numéros,
Il attendait déjà, comme un héros,
De voir tomber sur le carreau
Une quadrilatère coquille au front nouveau.
Les poules déprimées, pondaient, pondaient …
Espérant toujours qu’un joli dé
Ferait la gloire de ce maître chanteur
Qu’elles souhaitaient voir, les jours d’horreurs,
Embroché pour un vin d’honneur.
Parti un jour remplacé son monocle,
Elles enfermèrent le vigile dans sa caracoque,
Partirent manifester auprès de Dame Anne-Marie
Responsable de tout ce cococharivari.
A l’écoute, pour les calmer, elle leur offrit
Cocardes, label rouge … moindre prix
Pour ces cocottes abusées par un tortionnaire
Farfelu, matcho, un coq révolutionnaire !
Puis s’en retournèrent au bercail, rassurées
Par cette belle amie qui les avait décoré
Avec promesse de trouver un compromis
Pour un oeuf carré qu’elle avait omis.
En attendant, la procession par wagonnets
Passe et repasse sous l’oeil d’un coq galonné
D’un label en attendant le gros lot …
Pensez, un oeuf carré sous son chapiteau !
Cocorico ! Quel loto ! Cocorico ! Coco..

 

15 Janvier 2017 – Jeannine Castel
toile de l’artiste peintre Torrisi Anne-Marie : Le Coq
site officiel : annemarietorrisi.com

Publié dans:Art |on 17 janvier, 2017 |2 Commentaires »

Le séducteur

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Les yeux en amande
Sans pensée pour Fernande,
Hobby le séducteur,
Un cigare en éclaireur,
Tire entre deux patins
Un rituel baratin.
C’est pour mademoiselle Lolo,
D’un hiver toujours chaud,
Qui trouve que sa tête
A une drôle d’épinette.
Entre deux bouffées,
Elle se voit étouffer
Sous les brûlants bécots
D’un impressionnant chalumeau.
Une bouche ne suffirait
A ces assauts désirés.
Elle joue de son épaule
Pour garder le contrôle
De ses deux microsillons
Avant le sublime abandon…
Sous ses boucles bien rangées,
Elle attend, pour vidanger,
Que le mégot soit jeté
Pour dans ses bras se peloter,
Se perdre dans les enchantements
Pour sa collection d’amants.
Cette idole, de ce charmeur,
Connaît son talent de séducteur,
Collectionneur de belles étoiles.
Vous charmera-t-il de cette toile ?
Lolo n’est pas jalouse du tout !
Elle connait son charme fou.
Quel duo ! … ils n’attendent que vous !

13 Janvier 2017 – Jeannine Castel
toile de l’artiste peintre Anne-Marie Torrisi : Le séducteur
site officiel : annemarietorrisi.com

Publié dans:Art |on 15 janvier, 2017 |1 Commentaire »

Le pirate

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C’est un pirate
Rouge écarlate
Qui joue au diabolo
Avec son perroquet Pablo.

Un pirate à la jambe de bois
Qui lui sert de casse-noix
Une moustache à l’anglaise
Couleur vert punaise.

Gourmand, il aime le réglisse.
À l’aide de son crochet il le dévisse.
Il a souvent le hoquet
Qui lui a ses épaules débloquées.

Son crochet est une fine épée,
Son sabre ne manque pas de toupet !
Son coffre a pété les boutons
Ivres de ses nombreux litrons
Qui ont arrosé ses victoires
En chantant des chansons à boire.

Il a tant d’ors et de bijoux …
Pour cette toile voyez-vous
De sa richesse s’est démuni
Pour un portrait par Anne-Marie.

Rouge d’amour et d’émotions
Il jongle avec l’admiration
De Pablo, son fidèle compagnon
Qui boude … plus de pognon ! …

Que lui importe …
Il baigne dans ces eaux fortes.
Lui ferons-nous escorte ?
C’est un pirate
À la bourse plate
Un oiseleur
Aux accroche-coeurs.

 

 

9 janvier 2017 – Jeannine Castel
toile de l’artiste peintre Torrisi Anne-Marie : Le pirate
site officiel : annemarietorrisi.com

Publié dans:Art |on 11 janvier, 2017 |Pas de commentaires »

Le poète

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 Lignes où les devenirs s’entrecroisent…
Magie de l’oeuvre qui s’accomplit,
Echo du temps, de l’expérience passée,
Où l’oubli se noie et se retrouve.
Eveil à la vraie vie inscrite sur l’ardoise,
L’âme est toujours en ce pays.
La foi sonde les dédales tracassés
Qu’abreuve discrètement la louve.
Secret caché, la conscience pavoise,
Rares et surprenants sont les héros ici,
Bâtisseurs et destructeurs côtoient, pourchassés,
Le dernier halo qu’un silence éprouve.
Le poète recrée l’osmose, déboise,
Métaphysicien instantané, il décrit
L’impossible beauté. Il éclaire, enchâssé,
L’être originel qu’en cette stase il trouve.

18 Août 1998 - Jeannine Castel 
Toile de l’artiste peintre Torrisi Anne-Marie : Le poète
site officiel : annemarietorrisi.com

La femme du potier

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Un chat d’un regard curieux
Contemple le défilé des yeux
Qui cherchent sur la toile
Le secret de cette belle étoile
Coiffée d’un fichu arlequin.
Bouche en coin, elle louche,
Attend du pinceau la dernière touche.
Un groom fait entrer les visiteurs
Dans cette poterie aux vives couleurs.
Des potiches, créations de l’artiste,
Font éloges de cette grande styliste
Etourdie de voir qu’une tasse de thé
Puisse, avec succès, infuser tant de beautés.
Un chat d’un oeil intrigué, ronronne,
Ebloui par le talent fou de sa patronne.
La femme du potier n’a pas le torticolis !
Non … juste un petit penchant reconnaissant
Pour ce peintre et son génie époustouflant.

 

7 Janvier 2017 – Jeannine Castel
Toile de l’artiste peintre Torrisi Anne-Marie – La femme du potier
site officiel : annemarietorrisi.com

 

 

 

 

 

 

 

Dansent

Au mur de nos retrouvailles

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à Christian JEQUEL, peintre

Toi qui joue des lumières, de leurs sublimes beautés,
Toi qui donne vie aux lueurs estompées,
Respires-tu le suave parfum de tes rêveries
Qui nous grise, accrochées en galeries ?

Toi qui donne la lumière à l’obscurité,
Toi qui pénètre l’ombre de fraîches gaietés,
Ressens-tu de cette pluie d’étoiles
L’ivresse de tes toiles ?

De ces morts, de ces vies aux couleurs pastels
En mon castle de muses tu es venu
Apporter quelques touches à ma poésie émue.
Depuis si longtemps elle admirait Jequel.

Le poète peint des mots.
Il peut donner la vie au noir,
Blanchir le gris de cieux assombris et sots
Aux discrets murmures d’étroits couloirs.

Toi qui dessine nos scènes intimes
Où mon midi a tes faveurs,
Je t’offre ces pensées en rime
  A la tombée du jour, d’une nuit de mon coeur.

Toi qui donne des formes à la morosité,
Toi qui fixe quelques regards amoureux,
As-tu déjà connu cette impulsivité
Qui me prit au dépourvu et malgré eux ?

1996
Jeannine Castel

Publié dans:Art, Poèmes dédicacés |on 4 mai, 2016 |Pas de commentaires »

La jolie pécheresse

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Les yeux larmoyants tournés vers le ciel,
Les lèvres balbutiant quelque invocation,
La pécheresse aux nombreuses évocations
N’a plus la rousseur maudite du fiel.
Le buste dénudé laisse entrevoir
La corpulence d’un corps sans défense
Revêtu de voiles, à la tombée du soir,
Une main sur le coeur pour la repentance.
D’une réputation à ce jour discutable
De rumeurs répandues autour d’une table,
Un crâne évoque le Mont Golgotha.
Elle fut celle que Jésus réssucité visita.
De Marie de Béthanie à Marie de Magdala
 A la pécheresse anonyme, le mystère s’installa.
Femme libre et cultivée, les trompettes
Firent à cette Sainte la renommée
D’une longue chevelure toute en frisettes
Dont Titien aussi fut embaumé.
De pénitente à repentante légendaire
Elle a eu le privilège de croiser en chemin
Le pinceau de Titien.

 

 

13 Septembre 2000 – Musée de l’Hermitage – Toile de Marie Madeleine repentante par Titien
Jeannine Castel

 

Publié dans:Art |on 29 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

Horses

Numériser

à Christian Jequel

Indomptés des enfants de chimères
Poussés par les vents de marécageux espoirs,
Crinières triomphantes, ils chevauchent la terre,
Galop de leur futur terroir.
Le bruit assourdissant de cette chevauchée
Arpente de quelque défi les lassos dompteurs.
Eclaboussant de joie, de folle liberté,
Ils trottent Mors et vita en choeur.
Flancs puissants d’un flamenco qui nait,
Elans fougueux d’une noble conquête,
L’homme métamorphosé des abysses, des marées,
Ils viennent, d’une illustre palette.
Quelle est cette ingénue qui danse ?
Tourbillons jaunes et bleus d’une ronde blonde,
Ils ont franchi les frontières de nos silences
Hennissement solennel de la mémoire du monde.
Ils ont ainsi traversé de plusieurs génies
La course infernale de nos indéfinis.
Mon coeur a choisi ce cheval blanc charmeur,
Blancheur nocturne de diurnes faveurs,
Blême suaire de fonds chthoniens,
Impétueux désirs,  Ô combien !
Sans bride et sans étriers ils ont dompté
Un peintre initié.

11 Juin 1996
Jeannine Castel

Publié dans:Art, Poèmes dédicacés |on 17 décembre, 2015 |Pas de commentaires »

Les semailles de l’amour

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à Félix Tisot, d’après une de ses toiles.

Couleur nacrée d’un ciel ombrageux
Un mas, intrigué, contemple
Le pinceau de cet artiste amoureux
Qui peint l’intérieur de son temple.
Les marguerites ont déserté la restanque,
Seuls, les oliviers font haie d’honneur
A quelques fantômes, joueurs de pétanque,
Que Félix a caché pour mon coeur.
Intimes retrouvailles au fond d’une toile
Vingt ans après, le poète s’émeut …
La terre ensemencée de ses étoiles
Me transporte à la tombée des jours heureux.
Je reviendrai défricher ces herbes folles
D’un royaume qui fit choir
Ces semailles, après des mois de farandoles,
Dans un coin secret de mon terroir.
Une allée dans un retour de flammes,
Séchée et piétinée par les saisons,
M’offrit la Marguerite chère à nos âmes
D’où tu répondis à mon désir profond.

 

26 Août 1999

Jeannine Castel

Publié dans:Art |on 11 août, 2015 |Pas de commentaires »

Port en Provence

                                                                                                                                                                  à  Eugène Baboulène

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C’est peut-être Venise un jour de brouillard  
Ou le port privé de ton imagination
A la tombée du jour ou d’un matin blafard.
Les barques alanguies boudent mes questions.
Balustrade d’un pont, une berge s’échoue,
Dans le bleu de tes eaux brûlent nos sanglots.
Linceul glacé où se noient nos regards flous,
Vague à l’âme du bout de ton pinceau.
Le port, d’un hiver refroidi, sommeille encore.
Source lumineuse où tu m’attendais
Dans ce palais flottant après l’aurore.
Quelques mats hissent ce jour appréhendé …
Les bâtisses muettes attendent le soleil,
Une entrée de tunnel où s’engouffre le réel.
Quelques fenêtres espèrent le réveil
Caché en tes toiles aux reflets éternels.
Au quai de nos retrouvailles, nous voici ancrés
Au rose saumoné de nos liens discrets.
Quelques amoureux dessinent à la craie
La Provence de nos rendez-vous secrets.

7 Juillet 1999

Jeannine Castel

Publié dans:Art |on 26 juin, 2015 |Pas de commentaires »
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