Archive pour juin, 2019

LE TAULIER

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«Voici ce qu’il reste du traîneau,
Des magiciennes et de leurs placébos !
TROÏKA, choquée par l’atterrissage
Est restée sur son gros nuage.
URSULE a perdu toutes ses provisions
Et bougonne contre ces maudites illusions.
Par chance nous avons atterri sans bobos
Près des rives fleuries d’un cours d’eau.
Sous le choc de l’attérissage, TROÏKA
S’est foulée une patte … quel tracas …
Elle s’apprête, en boitant, à faire trempette
Pour soulager sa douleur qui m’inquiète.
Comment nous défendre, nous porter secours ?
Sommes-nous loin de notre maman d’amour ?
Le cœur gros, aux aguets, l’âme à la dérive
C’est alors qu’apparaît sur l’autre rive
Le patibulaire et imposant LE TAULIER,
L’air féroce d’un sanguinaire carnassier.
Faut dire que son rôle de garde-champêtre
Est d’être là pour vous surprendre, d’apparaître
Quand on ne le veut pas mais l’espère
Comme en cette situation présente peu prospère.»
«Bonjour ma douce TROÏKA ! Vous souffrez ?
Rechercheriez-vous un peu d’air frais ? »
«N’osant lui parler de nos cuisants délires
Pour éviter les moqueries de cet hideux satyre,
Ce dieu Dionysos pour ménades féminines
Aux poils aussi collants que la séccotine.
Tout en lui faisant la cour, ce mythe champêtre
De sa langue pourlèche ce peut-être
Vers URSULE, terrifiée, respirant à peine
Sur un bloc de glace d’une banquise en haleine.
Quant à moi, face à ces eaux troubles libidineuses
Je cherche une issue pour échapper à cette rêveuse
Qui nous a mis, avec ma sœur dans le pétrin
Et qui pour un clin d’œil nous larguerait sur le terrain …»

 

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6 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Gilles Thomas sur Facebook

 

 

TROIKA

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«TROÏKA, tu as aimé ce gala de danse ?
Dis tu m’écoutes ? … À quoi tu penses ?»
«Cette Mary Poppins, tout de même …
Je m’envolerai bien de même …»
«Il te faudrait une sacrée ombrelle !
Avec ton poids léger de demoiselle …
Tu t’imagines avec des chaussons roses … »
«Moi, j’ai bien aimé quand c’était la pause …
Le pop-corn était sucré au miel de roses …»
«TROÏKA tu es depuis notre retour toute chose …»
«L’air de cette boîte à musique m’ensorcelle …
Cette comédie musicale aux milliers d’étincelles …»
«Redescend sur terre, quitte ton gros nuage,
C’est toi notre nurse ..  pas besoin de mirages !
Tu n’as pas à envier cette forte bourrasque …»
«J’envie cette magicienne, ses dons fantasques …»
«Ma parole, cette Poppins l’a hypnotisée …
Ce matin l’herbe a la senteur d’un parfum anisé …»
«Supercalifragilisticexpialidocious …»
«Manque plus que la hache et les sioux ! …»
«URSULE ! mâchouille tes racines et ferme-la !»
«URSUS, tu vois bien qu’elle débloque … Ah lala !
Le ramoneur lui a ramoné la cervelle faut croire …»
«TROÏKA, s’il-te-plait raconte-nous une histoire …
Tu sais celle des trois oursons perdus dans la forêt …
Si mère te trouve dans cet état aussi éplorée
Elle ne t’engagera plus et nous aurons du chagrin …»
«À coup sûr elle dira qu’elle a un grain … »
«URSULE ! Tu veux que LE TAULIER rapplique ?
Il n’attend que ça pour nous envoyer en Arctique !
Et toute la musique qu’on aime des abeilles
N’enchantera plus Alice au pays des merveilles.»
«Si au moins j’avais eu un ballon ou un cerf-volant …»
«TROÏKA reprend les rênes et allons volant
Voir si Mary Poppins ou autre magicienne
Arrivera à nous faire oublier notre TROÏKA allogène ..
«Chic ! une balade en traineau !
Quelques provisions ne seront pas de trop … hohoho !»

15 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Gilles Thomas sur Facebook

 

 

Première chasse

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«Oui, MOUSSE, c’est bien moi !
C’est pas du bluff comme tu le vois !
Mais un énorme buffle mortibus !
Fini pour lui la prière de l’Angélus !
Pour ma première chasse, sœurette,
Je n’ai pas été une mauviette !
Tu peux constater mes traces de griffures
Quand sur le dos de cette enflure,
Tel un pharaon triomphant sur son char,
J’ai mis à terre ce dangereux lascar.
C’est la part du lion qui me revient.
Mais comment dépecer ce gros végétarien ?
Ce ne sont pas quelques gouttes de sang …
Ah !! Déjà les pique-assiettes compatissants !
Même pas en rêve, bande de coyotes délavés !
Vous viendrez à table quand nous serons gavés !
Encore heureux de vous laisser des miettes
Qui n’ont rien coûté à vos mendiantes assiettes.
Ma queue vous donnera le signal de l’instant
Où en compagnie des hyènes et autres charlatans
Vous pourrez approcher mon premier trophée
Vite englouti par les drames des contes de fées.
Je vois que MOUSSE approche avec mère …
On dirait qu’elle minaude de quelque affaire …
Il me semble qu’elle fait la fine bouche 
Alors que je salive de plaisir cette mise en bouche.
C’est pas elle qui va gâcher ma bonne humeur.
Cette coquine trouillarde me file les sueurs …
À table ! Vous parlementerez le ventre plein !
MOUSSE magne-toi ! Je meurs de faim !
Non mais … quémander des câlins, là c’est trop …
Risquer sa vie, quelle dose d’amour pour ces marmots …»

 

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13 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Bri Lions sur Facebook

Seule à bord !

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«Si vous croyez que c’est facile
De rester là, seule, immobile,
Quand mère part à la maraude
De quelques pièces de viande chaude.

Vous ignorez mes pensées secrètes, inquiètes,
Planqués dans vos tam-tams à roulettes.
Ma peur au ventre, la devinez-vous ?
Ce gouvernail me sert de garde-fou.

Le moindre bruit, grognement hostile
M’apeure, isolée dans cette précaire asile.
Je dois affronter une mort en suspension
En cette planque ouverte aux tentations.

J’envie ces troupeaux qui protègent
Leurs nouveaux-nés de leur cortège.
Attristée par mon misérable sort,
Même en votre présence, me défie la mort.

Je n’ai qu’une hâte, celle de voir venir
Ma mère après des heures à languir.
Et ceci depuis que je suis née, rescapée
D’un monde qui prie sans cesse pour la paix.

Mais n’est-ce pas là-bas vers Paradise Plain …
On dirait bien JULIO perché sur un gros butin !
De les rejoindre je meurs d’envie !
MOUSSE accroche-toi, pense à ta vie … »

 

7 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Alain Hermitte sur Facebook

 

 

Matin d’hiver

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Dans la froidure du matin,
En vain je cherche une âme,
Un courageux et fol pèlerin
Qui viendra chasser ce psychodrame.

Recroquevillé, j’essaie de réchauffer,
Sur ce sol gelé et durci par le gel,
Mon corps si imposant, étoffé,
Qui espère un languissant dégel.

Comme la froideur de l’acier,
La grisaille des matins d’hiver
A fait de ce lieu un pénitentier
Aux rigides et impitoyables revers.

Libre et captif du froid,
D’holidays on ice je rêve,
En ce petit matin, en désarroi,
Qu’à l’instant l’hiver s’achève.

 

7 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Jean Philippe Borg sur Facebook

 

De saison en saison

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Ho là là
Avec trois mots
Tout le tempo
Du houlala.

Blap, blap, blap,
Zap, zap, zap,
Ben, ben, ben,
De l’idolâtre Carmen.

Boy, boy, boy,
Sons et mots supermalloy
D’un riche vocalulaire
De frifrelins partenaires.

Même la ralafe de vent
N’a rien compris à ces chantants
Messages de notes musicales
Bousculées par des cordes vocales.

Vivre, chanter avec son temps
Boosté par de chanceux talents
Par MICROS bissés et sifflés,
Comme cet oiseau, m’ont coupé le sifflet.

 

7 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Nathalie Vidal Terrier sur Facebook

 

An strange bear

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Libre et sauvage
Ma crosse de vieux Sage
A fait de moi un élu
D’initiés tant et plus.

J’ai traversé le temps
De printemps en printemps
Sur des lits de galets
Je me suis affalé.

Parfois repu, parfois songeur,
Face à cet inconnu voyageur
Qui essaie de percer
Le sens de mes pensées.

C’est l’heure où mon amie,
Rampante et grosse fourmi,
Pétrifiée et solitaire
Me réclame une prière.

Je fixe son cœur de pierre
Envié par mes griffes guerrières.
Indifférent à l’agitation,
C’est mon instant d’adoration.

1 Juin 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photos : Gilles Thomas sur Facebook

 

Hiérarchie

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Si haut que l’on soit placé on n’est jamais 
assis que sur son cul.  (Montaigne)

 

Ingrats, ingratitude
D’égoïstes solitudes,
De dédaigneuses attitudes
Indignes des Béatitudes.
Suffisants personnages
Imbus d’avantages.
Silencieux ignorants
Sectaires réfrigérants.

Trous-duc puants
De perchés chats-huants
Aux apparences trompeuses
Fuyant la gueuse.
Egos surdimensionnés
De vantardise jalonnée
Pour des cuisses de Jupiter
Aux jouissances de l’enfer.

Mise au placard
Par de brouillons conards
Éparpillés sur le sol
D’un désaffecté sous-sol,
Ces Importants prétentieux,
Égaux de Dieu,
Leurs dénis et mésestime
Me sauvent de la frime.

20 Mai 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Gil Strec sur Facebook

 

 

 

 

 

Hé ho !

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URSUS est un rêveur !
Aussi rêveur que charmeur.
Ses pensées prises en otage
Voyagent sur des nuages.  

Parfois il bade aux corneilles
Émerveillé par tant de merveilles.
Il ne sait laquelle choisir
Tant de choses sont à découvrir.

La truffe au vent, il flaire
Des idées bonnes à lui plaire,
Sucrées comme le miel blond
Étalé sur son épaisse toison.

La gueule entrouverte on dirait
Qu’il déclame des vers, inspiré
Par des muses déguisées en baies
Qui le laissent bouche bée.

C’est son coin favori, son abri,
Son isoloir, calme, sans bruits,
Son lieu de méditation secrète
Que lui souffle la brise discrète.

En osmose dans le secret des dieux,
Captivé par la beauté du lieu,
Entouré par des poètes bien aimés,
Il est, au milieu d’eux, acclamé.

Ainsi de leurs communes rêveries
Ils échangent à travers bois et prairies
Toutes les figurations de leurs âmes
Qui les transportent et les enflamment.

27 Mai 2019 – Jeannine Castel

Les poèmes de Chatnine
Photo : Gilles Thomas sur Facebook

 

 

 

Et la lumière fut …

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De quelques rayons de soleil
La lumière de son sommeil
S’éveille et illumine
Un chatoirement de mines.

Les ombres se dessinent.
Solaires colombines
Qui dansent, sensuelles,
Parées d’étincelles.

Cette capricieuse Dame
Vêtue de rais enflamme
Les passionnés de la photographie,
Ces mendiants de son iconographie.

Cet astre lumineux transformer
De sa palette de couleurs
Teinte à sa guise les décors
De ses gigantesques trésors.

Aussi fugace que l’éclair
Elle profite du moindre courant d’air
Pour caresser de suaves nuances
Les zones ombragées de l’errance.

Tous les filtres sont en sa possession.
Elle laisse croire, par sa généreuse dévotion,
Qu’un artiste à travers son regard
Peut améliorer les défauts de son art.

Quelques lumières flamboyantes
D’inspirations bouillonnantes
Sur les pages d’un livre d’images
Continuent d’embellir leur voyage.

 

6 Mai 2019 – Jeannine Castel
 Les poèmes de Chatnine
Photo : Grég Delaville sur Facebook

 

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