LE TAULIER
«Voici ce qu’il reste du traîneau,
Des magiciennes et de leurs placébos !
TROÏKA, choquée par l’atterrissage
Est restée sur son gros nuage.
URSULE a perdu toutes ses provisions
Et bougonne contre ces maudites illusions.
Par chance nous avons atterri sans bobos
Près des rives fleuries d’un cours d’eau.
Sous le choc de l’attérissage, TROÏKA
S’est foulée une patte … quel tracas …
Elle s’apprête, en boitant, à faire trempette
Pour soulager sa douleur qui m’inquiète.
Comment nous défendre, nous porter secours ?
Sommes-nous loin de notre maman d’amour ?
Le cœur gros, aux aguets, l’âme à la dérive
C’est alors qu’apparaît sur l’autre rive
Le patibulaire et imposant LE TAULIER,
L’air féroce d’un sanguinaire carnassier.
Faut dire que son rôle de garde-champêtre
Est d’être là pour vous surprendre, d’apparaître
Quand on ne le veut pas mais l’espère
Comme en cette situation présente peu prospère.»
«Bonjour ma douce TROÏKA ! Vous souffrez ?
Rechercheriez-vous un peu d’air frais ? »
«N’osant lui parler de nos cuisants délires
Pour éviter les moqueries de cet hideux satyre,
Ce dieu Dionysos pour ménades féminines
Aux poils aussi collants que la séccotine.
Tout en lui faisant la cour, ce mythe champêtre
De sa langue pourlèche ce peut-être
Vers URSULE, terrifiée, respirant à peine
Sur un bloc de glace d’une banquise en haleine.
Quant à moi, face à ces eaux troubles libidineuses
Je cherche une issue pour échapper à cette rêveuse
Qui nous a mis, avec ma sœur dans le pétrin
Et qui pour un clin d’œil nous larguerait sur le terrain …»
6 Juin 2019 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photos : Gilles Thomas sur Facebook











