Viens poupoule, viens …
Lors du show dernier des Miss Autruches,
Un vieux baron émoustillé par leurs fanfreluches
Tomba follement amoureux pour l’une d’elle,
Surnommée RUBIS à cause de ses prunelles
Qui scintillent de millions d’étincelles
Surtout à la vue de belles pierres précieuses
Dont elle raffole, pare sa silhouette capricieuse.
Une goulue d’un appétit difficile à combler,
Qui ne se contente pas que de la couleur du blé.
Ce vieux baron, démodé, portant haut de forme,
À la vue de toutes ces Miss retrouva cet énorme
Désir enfoui depuis de nombreux jours,
Tant sur le Mara longue était sa liste de cours
Qui avait séché ses ardeurs excessives
Pour le plonger dans des sentiments à la dérive…
En jaquette et noeud papillon ce vieux polisson
Avare de surcroît, ne se ruinant pas pour un jupon,
S’empressa, après le spectacle, d’un rendez-vous
Avec cette nana qui lui avait redonné le goût
De quelques folies sans savoir que les siennes
N’avaient pas le même profil, profit qu’à cela ne tienne …
RUBIS voyant arriver ce gros dindon d’un Empire,
De ses yeux aussitôt envoute cet affreux vampire
Parfumé au cigare, à la chair d’un steak tartare,
S’appuyant sur sa canne, gloussant comme une cithare.
La voilà qui joue la belle ingénue atteinte dans sa virginité,
Se refuse aux avances empressées, risibles, mitées,
Et n’accorde que quelques effluves prometteuses
À ce vieux grigou de réputation fameuse.
Surpris, n’ayant pas pour habitude d’être éconduit …
Le voilà qu’il s’engage envers la belle de prolonger les nuits.
Aveuglé par sa passion, il ne voit pas l’ennui
Dont Miss RUBIS, pour l’amour des pierres,
S’amuse de ce rampant coeur de lierre.
Si bien qu’il s’entêta, s’endetta pour la belle
Qui le pluma de quelques économies de chandelles.
Et c’est la raison pour laquelle sur la prairie,
Oubliant ses douleurs, à corps et à cris
Vous le voyez courir, hurler après sa poulette
Qui décida de prendre la poudre d’escampette …
Quand après expertises, elle découvrit, furieuse,
Que ses parures n’étaient que fausses pierres précieuses.
Il lui fallait à tout prix rejoindre la Compagnie,
Elle avait assez perdu de temps avec les manies
De ce vieux maniaque au monocle gourmand
Qui n’était en vérité qu’un vieux pingre amant.
Grâce à Farid, intrigué par la scène, RUBIS
A tenu à témoigner pour les nouvelles souris
Qu’un baron, déjà de renommée, était en fureur
Car en plus de coureur il était un receleur.
Se voyant obligé pour son rang, de laver son déshonneur,
Car être roulé dans la farine par plus voleur que soi,
Sans besoin de claironner, fait rager, y a de quoi.
Depuis rires et commentaires à sa cour d’honneur
Amusent de nombreuses Rubis cachées dans les coeurs …
6 Mai 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
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Photos : Farid Radjouh sur Facebook
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