Archive pour avril, 2018

Chipouette, la girafe

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« Que c’est horrible, ces pauvres petits …
Ces bad-boys et leurs redoutables appétits !
Paraît que Rembo l’a mis KO …
Aplati, il était ! Il faisait plus le beau !
Comme elle s’est défendue cette lionne !
C’est elle à présent la patronne !
Soumis comme un toutou il était !
La queue basse, il est parti sans rouspéter !
Comment va-t-il vivre cette humiliation ?
Tenons-nous sur nos gardes … Attention,
Vigilance … où sont passés ces lions ? »
« J’ai peur maman, tu crois qu’ils vont revenir ? »
« N’aies crainte, nous allons déguerpir …
Nous cacher, prendre de la distance …
Cette forêt, là-bas, de ses essences
Va nous confondre … pas besoin de jumelles ! »
« Vite maman que je devienne une demoiselle … »
« Ça viendra, ça viendra Li Lou, ma pépite,
Allons ! quittons ce lieu bien vite !
Il paraît qu’Imani a bien du malheur …
Quand aurons-nous la paix mon coeur ? »
« Chante-moi Il est où le bonheur ! … »
« Tu veux nous faire repérer ?! Allez ! haut les coeurs !
Quel monde d’enfants de choeur ! … »

 

14 Avril 2018 – Jeannine Castel
photo : Philippe Cabanel sur Facebook
Les Contes de la prairie

Offrande

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Cette offrande
N’a rien d’une amende
Mais d’une douce amande
En demande
D’une offrande
Qu’elle attend
Gourmande !
Qui quémande
Un regard nu,
Un souffle retenu,
En offrande
À sa beauté
Toute en chasteté
Si grande, si pure,
Comme une offrande
Sans figure
Pour ne pas ternir,
Ne pas faire mourir,
Ce ravissant désir
D’une offrande
Sans amende.

15 Avril 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de Chatnine
Photo : Sébastien Majerowicz Nature Photographer

Le torrent aux sucreries

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Le torrent aux sucreries
De sucre glace et confiseries
Offre aux gourmands épris
Ses bouchées confites aux fruits.

Dans un décor automnal
Ce cours d’eau original
Propose du cappuccino gourmand
Nappé d’un mousseux chocolat blanc.

C’est une bonbonnière inouïe
Que cette chute d’eau épanouie
Transformant son péché de gourmandise
En de fines douceurs et saveurs exquises.

De mousse et de chantilly, l’hiver
D’un givre sucré a recouvert
Ces crottes truffées de l’onde
Que nous offre généreusement le monde.

Nappage de neiges éternelles
Sur des meringues à la cannelle.
Un cortège nuptial de mousseline
Se vaporise d’un parfum de pralines.

En ce jour de fiançailles,
Promesse de futures épousailles …
Orné de fines dentelles, cet écrin
Contient les anneaux du destin.

 

13 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook

Découvertes

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Après avoir partagé le repas,
Une sieste s’impose sur ce matelas
Peu confortable certes mais d’un sommier
Conçu pour eux en bois de figuier.
« Allons faire un tour au jardin !
Profitons de cette accalmie, galopins ! »
Peu d’enfants jouent et pour cause
La présence de deux éléphants indispose.
Des mangoustes venues en famille décampent …
« T’as vu maman, l’éléphant a une crampe ! »
« Non, il est agacé, prêt à charger … 
Vite, éloignons-nous, regagnons notre potager.
Profitons que les lions sont distraits
Par ces deux pachydermes peu discrets. »
« Je veux voir ! je veux voir ! … tais-toi
Arrête de couiner comme un putois !
Je suis fatiguée de te trimballer comme un bébé…»
« Mangou est un bébé … Mangou est un bébé ! »
« Attends ! tu vas voir ! … je vais te montrer … »
« Mangou est un bébé … pff ! cours-moi après ! »
« Assez ! Cessez vos chamailleries par pitié !
Quelle déception ce jardin d’amitiés ! … »
Rembo observe en particulier un mâle
Prêt à charger sa fureur animale …
« T’as vu Fifi, il a une deuxième trompe !
Un éléphant ça trompe, ça trompe ! … »
« Mais non ! nigaud ! c’est pour aller au pot ! »
« Mais son trou sous la queue ? … au pot ? … »
« C’est une autre queue … si tu veux …
Un zizi … pour présenter ses voeux … 
Ses voeux pour une belle de son choix …»
« Pouah !! tout le monde le voit ! »
« Ce que je vois mes loulous pour l’instant
C’est qu’il vient vers nous, cet indécent.
Pendant que je vais essayer de le distraire,
Toi et ton frère regagnez le logis !
Nous reviendrons quand il se sera assagi. »
Plus tard, Joli coeur, pensif, saisit la queue de sa mère …
« C’est dégueu … la leur traîne à terre dans la poussière …»
« Tu viens jouer ?! … essaie de m’attraper ! … »
« Vite qu’ils grandissent, que je sois en paix
Les hyènes ne sont pas bien loin …
Elles flairent notre garde-manger plein …
Comme ils sont beaux mes deux trésors !
Je ne pourrais pas revivre encor …
Il va nous falloir changer de décor …
Quitter Grand Esprit … ou alors … »

 

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12 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta et Philippe Lebartz sur Facebook
Contes de la prairie

 

Prière du matin d’un petit lapin

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Chaque matin
En bon pèlerin
Ce pieux lapin
Émule de St Augustin
Récite sa prière : 

Mon bon Saint Pierre
Toi qui a la clef des champs,
Garde-moi du chasseur méchant.
Guide-moi en chemin
Loin de ces vils riverains.
 Seigneur dès l’aurore
Je vous aime et vous honore.
Ô Dieu très haut
Écoute mon crédo.
De festins rassasie-moi
Mon âme s’attache à toi.
Ta douce lumière m’envahit,
Pardon pour tous ceux que j’ai haï.
Que ton vivant me glorifie,
Épargne-moi leur rififi.
De l’ennemi et oppresseurs
Toi seul divin Sauveur
Donne Pâque nouvelle
De ta vie éternelle.
J’implore ton secours
Ô mon Dieu d’amour.
Marie, accorde-moi la grâce
À l’heure de ma mort, l’audace
De crier vers toi ma louange
Et de venir parmi les anges
Louer ce dernier refuge sûr
Resplendissant comme ce bel Azur.
Jour de fête et de joie
Que la paix Olivier soit avec toi.
Amen Alléluia !

 

11 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Olivier Gutfreund sur Facebook

 

 

Fumées noires

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Le ciel est en feu.
Un maître de Forges heureux
retrouve toutes les valeurs
Incinérées par les voleurs.
Il souffle avec puissance,
Enflamme avec prestance
Les folies du monde
Pour une résurrection féconde.
L’horizon laisse entrevoir
la jaunisse du désespoir.
Une lionne défend son territoire,
Son lionceau est en pleurs
En cette brûlante chandeleur.
Fumées noires d’un crématoire
Du purgatoire de la mémoire.
Dans ce gigantesque chaudron,
Tous les malheurs fondront
Pour de nouveaux horizons
Apercevoir leurs guérisons.

 

9 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Peter Chebon sur Facebook

 

Le portrait

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« Non mais c’est qui ce Philibert
Pour me mettre une tête à l’envers ?!
Qu’est-ce qu’il combine ?
Qu’a-t-il à reluquer ma trombine ?
J’ai beau m’aplatir un max,
Que j’en ai mal à mon thorax …
Il est là avec sa longue vue
À surveiller l’eau que j’ai bue !
Plus moyen de boire en cachette !
Sans cesse il active sa gachette !
C’est qui ce gringo de la Pampa
Qui vient troubler l’eau de ma mara ?!
Il me prend pour Ophélie ?!
Ou narcisse sur sa descente de lit ?!
Tirons lui la langue, un peu de rose
Avec tout ce vert rendra moins morose
Ce portrait qu’il attend de moi.
Non, mais il s’imagine qu’un Roi
Dans son intimité est différent 
Quand le besoin devient pressant ?
Voilà que mon visage sur l’eau
Est déjà tout ridé … moi si beau ! …
A-t-il compris que ce miroir,
Sous l’aspect d’un abreuvoir,
Me conte pour passer le temps
Ses souvenirs de mes défunts parents,
Des histoires de la prairie croustillantes,
Mon avenir en sa mire scintillante,
Ce Dagobert qui remet sans cesse
À l’endroit étourderies et maladresses.
Me voilà sur Facebook en Roi fainéant
Qui boit face à tout leur néant !
Même Chatnine de sa griffe de poète
Avec ma photo se la pète !
Tout ça pour épater quelques cacahuètes !
Bon, je vais plus bouger de peur que ma célébrité
N’atteigne par ma faute l’Eternité …
Avouez que ce Philibert a réussi
À me tirer ce portrait digne d’un Léonard de Vinci !

 

8 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Philibert Barelli sur facebook

 

Une tombe buissonnière

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Désert d’Atacama, une tombe buissonnière
D’un aventurier au coeur de pierre
Échoué là, à son heure dernière
Repose en cette rocailleuse clairière.

Le temps d’élever son humble prière,
Son corps soulagé d’illusions chimériques
A libéré son âme retenue prisonnière
Durant une vie d’errances bucoliques.

L’éternité l’attendait sur ces arides terres
Aux pluies inexistantes bues par la camanchaca,
Aux volcans endormis par l’énergie solaire
Où Guenane, petite sirène étoilée s’ancra.

En ce désert inhospitalier cette tombe,
Dont l’âme palpite encore aujourd’hui,
C’est par la poésie que retombe
Malgré la sècheresse, un rêve enfui.

Qui que tu sois enfoui sous ces pierres
Recouvertes de lichens où s’abritent les lézards,
Cette tombe posée ici, entourée de mystère
Atteste que « la sagesse arrive toujours en retard.»

Ce n’est qu’une parenthèse entrevue, supposée,
Une vivante émotion enterrée par les mots,
Un appel de ce désert aux terres ménopausées,
Un clin d’oeil du ciel sur ce tombeau.

Désert d’Atacama, une tombe buissonnière,
Près d’un drapeau et d’une croix de bois,
Garde ce panoramique cimetière de poussières
Où enfer et paradis se côtoient.

 

5 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Loulou Moreau sur Facebook

 

 

 

 

La pluie était au rendez-vous

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La pluie était au rendez-vous
En ce séjour auprès de vous.
Sur les rives inondées de l’étang
Le martin pêcheur attend le printemps.

la pluie ce matin est au rendez-vous
Ni Robin, plus d’étang, sans vous …
Juste la pluie pour me souvenir
De ce séjour pluvieux sans soupirs.

La pluie était au rendez-vous
Sur les prés, dans les bois, avec vous.
Je n’ai pas vu un tel décor
Tant il pleuvait fort dehors.

La pluie était au rendez-vous
Avec ce chocolat chaud bu avec vous.
De nouveau seule, sans vous,
La Dordogne a conservé sa couleur de boue.

La pluie était au rendez-vous.
Solitude que chacun d’entre nous
Noie dans la joie d’un rendez-vous
Que j’ai avec Robin ce jour avec vous.

 

4 Mars 2018 – Jeannine Castel
Photo : Michel Andrieux sur Facebook

 

 

 

L’intruse

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« Il me faut avant l’orage aller au ravitaillement.
C’est qu’ils ont bon appétit mes deux garnements !
Je profite qu’ils s’amusent gentiment
Pour les laisser seuls quelques instants. »
« Promis mam’ nous ne bougerons pas.»
« Joli coeur si on jouait à tu m’attraperas pas ? »
« Non ! Il faut tenir notre promesse …
Aie ! tu me fais mal aux fesses, petite tigresse !
Si on jouait à combien j’ai de doigts ?
Ferme tes yeux ! Fifi … tu triches ! je te vois !
Chut ! …Taisons-nous … quelqu’un vient …
Je vais voir si c’est maman qui revient …
Grimpe sur Grand Esprit, vite ! »
« Bonjour l’ami, c’est là que tu habites ?
Dans ce vieux tronc pourri infesté de termites ? »
« Fifi ne répond pas à ce suffisant propos.
Après tout ce n’est qu’un vulgaire éléphanteau. »
« j’ai peur Joli coeur, il s’approche, planquons-nous !
Oooh Grand Esprit, protège nous ! »
À ces mots éclate un grand coup de tonnerre,
L’intruse sous les éclairs s’enfuit, quitte leur parterre.
Joli coeur ouvre l’écoutille de son sous-marin.
« Wouah ! Quel enchantement divin !
Viens voir soeurette le bel arc-en-ciel !
Cet orage a été vraiment providentiel !
Le danger à présent est écarté.
Ce gardien Jabiru ne pense qu’à becqueter.
Voilà qu’il pleut et maman tarde …
Non, mais tu as vu cette grosse vantarde ?!
Grand Esprit ne t’en fais pas vieille souche
Nous on t’aime avec tes mouches,
Ton corps pourri à tête d’éléphant,
Ta queue de sirène, tes sabots géants.
Tu es un ventre maternel pour nous !
Ici, quoiqu’on dise c’est notre chez nous ! »
À quelque distance, Rembo s’inquiète.
Trop soucieuse elle s’est mise à la diète.
« Pour eux deux ils auront assez à manger.
J’ai préféré ne pas prendre de danger.
Cette guéparde intimidée par ma venue soudaine
S’est enfuie me laissant sa proie. Quelle aubaine !
J’aperçois le navire, Joli coeur est sur le pont …
Comme je les aime mes deux petits fripons.

 

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10 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photos : Tony Crocetta sur Facebook

 

 

 

 

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