La belle Apnée

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AQUATIC, notre hippopo très épris de la belle APNÉE
Dans une mare réservée pour leurs noces,
A convolé en grande pompe toute la journée
Car la belle APNÉE a un appétit de colosse !
À la nuit tombée, ils eurent soudainement envie,
Pour leur voyage de noces, d’un bain de minuit.
N’aimant pas dans leur intimité être poursuivis …
Ils semèrent leurs invités et leurs ennuis.
La mare se trouvait à quelques lieues.
Nos novis, heureux de se retrouver seuls, enfin,
Ne prirent pas le chemin des crottes-aïeux
Trop fréquenté la nuit par le menu crottin.
La lune, rousse cette nuit là, sur la jeune épousée,
De mille paillettes illuminait son corps,
Soulevant, au passage, de lointaines rumeurs jalousées.
Que se passa t-il entre ces chers trésors ?
Au petit matin quand Stéphane les surprit,
Ils se faisaient la tête, se tournant le dos,
Ne pipant mot, la grisaille sur l’esprit.

J’ai lu dans les faits divers de la revue Marigot
Que Madame avait déféqué dans l’eau tant
Qu’une multitude de poissons friands d’excréments
Vinrent déranger et troubler AQUATIC, l’herbivore,
Sans parler de ses pets et de leurs bruits sonores !
De plus Madame avait exigé un petit déjeuner
Sur l’herbe d’une prairie sans box-office.
N’avait-il pas décidé secrètement de parrainer,
Pour immortaliser leur lune de miel, une hospice ?
Heureusement que cette belle dissimulatrice,
Va rejoindre le harem, le temps d’un caprice,
Pense, soulagé, notre hippopo en coulisse …

16 Août 2017 – Jeannine Castel
Photo : Stéphane Roy sur Facebook 
 
 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 20 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

AQUATIC, l’hippopo

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AQUATIC s’est mis au vert !
Il amuse le Roi Dagobert
Mais n’a pas de culotte à l’envers…
Il cherche son string sous ce tapis vert.

AQUATIC est un patapouf rigolo
Il roule comme un tonneau
Dans la moindre flaque d’eau.
La boue lui colle à la peau.

AQUATIC prend un bol d’air
Un trèfle à quatre feuilles sur le blair.
Il festoie pour son anniversaire
Dans ce bain de verdure alimentaire.

AQUATIC est si fervent
Qu’il rumine en bel amant.
Sa belle dans l’eau attend
Son aimé vert comme le printemps.

AQUATIC est lunatique
Il préfère la lune si sympathique.
Éclairé par sa clarté cosmique
Il broute la prairie, flegmatique.

Mis au vert, notre AQUATIC HIPPOPOTIEN
De son air patelin, sous les yeux des Meltingpotiens,
Va bailler aux corneilles au milieu des siens.
Au garde-à-vous, il somnole avec sa flotille d’amphibiens.

AQUATIC L’hippopo
Ses écoutilles au repos,
Bon sous-marin submersible, il fait dodo.

14 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Stéphane Roy sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 18 octobre, 2017 |1 Commentaire »

Horizons

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Partir, tout quitter, s’évader,
Vers d’autres sources s’attarder
Avant que ne me rattrape l’évidence
Qu’au bout du temps c’est même errance.
Mon vide s’oublie dans d’autres beautés,
Terres brûlées, déserts avides, dunes enchantées.
Il est trop tôt ou trop tard venu
Ce pas à franchir d’illusions menues
Pour des horizons sans attaches à demeure
Avant que surgisse ce pernicieux leurre.
Au bout de mes voyages restent les souvenirs
Présents ou effacés, de languissants soupirs.
J’ai cette nostalgie d’avoir traversé le peu
Que m’offrait l’horizon en feu.

 

15 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Philippe Frey / Nomades du monde sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 17 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

à l’heure d’or

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À l’heure d’or
Ciselée d’ors
Quand tout s’endort
De ruisselants trésors
Conjurent la mort.

À l’heure d’or
Zébrée de corps
Résonnent encor
Les cris sonores
De voraces condors.

À l’heure dorée
Chaleur évaporée
La nuit est dévorée
Par des crocs de gorets
Dans les sombres forêts.

À l’heure d’or
Dans la quiétude multicolore
Juste après l’aurore
Les zèbres d’un réconfort
Désaltèrent leur sort.

30 Août 2017 – Jeannine Castel
Photo : Jacques Montanari sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 16 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

L’arbre aux trophées

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Quand KABIBI a le moral dans les chaussettes,
Quand la chasse n’a été que défaite,
KABIBI la jolie lionne aux yeux de chasseresse
En solitaire, elle va consoler ses faiblesses
Sur le vieux tronc de son arbre aux trophées.
Là, elle se laisse aller dans les bras de Morphée,
Voyageant sur le dos d’un puissant morse
Qui l’amène vers cette île qu’elle aime, la Corse …
Chasser sur d’autres terres des sangliers géants
Qui la poursuivent avec des ânes volants …
Son rêve tourne au cauchemar, la réveille en sursaut
Même les lionnes font des rêves idiots …
Sur ce moignon sans écorce desséché, elle pose,
Le poil bien lissé, mais ….ce jour KABIBI reste morose.
Elle recouvre de sa patte un aigle mort-vivant
Dont les plumes sont le seul ornement
Qu’ont laissé ses gorets et terribles garnements.
Elle se souvient de cet énorme buffle agonisant,
Des machoires avides dégoulinantes de sang,
De ses consoeurs affamées venues à son aide
Tirant cette lourde et remuante proie enfin raide.
Et ce vieux crocodile venu s’échouer, en fin de vie,
Pour crever auprès de son arbre en sa compagnie.
Couchée comme un dolmen, à l’affût sans persiennes,
KABIBI observe cette curieuse Meltingpotienne …
A t-elle remarqué sa ressemblance à un puma ?
Un extra d’une lointaine ancêtre qu’on embauma
Et enterra au pied de cet arbre aux trophées
Foudroyé un jour et d’existences étayé.
Les yeux dans le vague, elle fixe l’horizon,
Ses griffes en veilleuse posées sur son balcon
D’où elle vient nous confier sans un mot
Un peu de son histoire pour alimenter les badauds.

 

10 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Evelyne Fosse sur Facebook

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 16 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

à mon ombre

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Je mis tout mon coeur et toute ma flamme
Afin que d’amour vive son âme
Mais l’ampleur infinie de cette fortunée
Voulait toujours au loin s’installer.
Elle quitta, pour une vie précaire, les brumes brunes
D’horizons ennuyeux où l’Autre fit fortune.
Elle trouva sous d’autres aménagements
La vie qui l’ennuyait tant.
Au bout de l’espoir sans fin, elle s’aperçut,
A bout de souffle, que rien ne l’habillait plus.
Découragée, son âme rencontra l’amour
Qui lui offrit un voyage retour.
Elle avait dépassé de quelques langueurs
Le fond sonore du pauvre pécheur.
En ce nouveau mystère, elle ne chercha plus
Son pauvre martyre qui lui tapait dessus.
La sagesse mesura ce courageux geste,
La raison devint plus modeste.
Le rêve s’appesantit d’une purification.
Toi qui m’assiste, devient mon intention
Toi qui insiste soit mon interrogation
Toi qui voyage dans les ténèbres invisibles
Devient mon prévisible.

 

28 Octobre 1992 - Jeannine Castel

Photo : Gil Strec sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 15 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

Une île dans les nuages

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Une île dans les nuages
Suspendue sans abordages,
Loin de tous ces bavardages
Aussi sombres que l’orage.

Une île dans les nuages
Pour un éternel voyage
Sans l’ombre d’un nuage,
Libre, sans aucun bagage.

Une île dans les nuages
Mais voilà déjà les alpages,
Les pylônes font ombrage.
Automne sur mon mirage.

Une île dans les nuages …
Demain, déçue, je déménage,
Je vous laisse en héritage
Cette île dans les nuages.

 

9 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Pierre Thionville sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 14 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

De pourpre et d’orangé

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De pourpre et d’orangé, le bel automne
Dans une explosion de couleurs s’abandonne.
Sur les grands sapins verts, le proche hiver
D’une nouvelle parure de bois mort encore vert
Offre au rêveur solitaire, baigné d’une douce lumière,
Un temps d’arrêt sur cette beauté passagère.
L’eau du lac s’apprête, résignée, à recevoir
Le corps glacé des mois rudes et noirs.
Sur son rideau d’acier déjà tendu
Viendront patiner des tempêtes inattendues.
Une grande paresse va envahir les lieux,
Les monts engourdis deviendront silencieux.
Les têtes rousses sous leur bonnet de laine
Réchaufferont les sanglots de Verlaine,
Pour qu’enfin le printemps, si délicat,
Vienne de nouveau embellir Saint Donat.

 

11 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Philippe De Bruyne sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 13 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

Solitude

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Cette solitude m’emprisonne, me libère,
M’éloigne, me rapproche, habitée
D’un verbe bavard dont je n’ai que faire,
Offrant au silence l’amour de mes nuitées.
Cette égoïste compagne accepte mes chats
Qui miaulent sur une présence occupée
Par cette ensorceleuse de trous à rats.
Mes matous, frustrés, la pourchassent, dupés.
Elle est la souveraine de mes désirs,
Le gouvernail de mes temps de loisirs.
Si exigeante, elle me fait parfois souffrir
Cette créatrice qui ne veut pas mourir.
Solitaire, d’une solitude qui lui est chère,
Elle s’empare, pénètre ma vie,
Me répudie pour son bien salutaire,
Survie d’un sursis sans préavis.
Le bruit environnant d’argent la pare
Le temps de changer de voile. Surprise,
La voilà recouverte d’or et s’égare
Cette solitude insoumise. Sous son emprise,
L’âme s’enlise dans le trésor de ses banquises.

10 Octobre 2015  - Jeannine Castel
photo : KLIBI Sabri sur Facebook

Publié dans : Littérature et Poésie | le 12 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

Le juge Bubo

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Un vieux juge retraité, encore branché,
Dans sa cote de maille usagée,
Observe ce monde déhanché
De son perchoir sans viager.

Toujours à l’affût de quelque nouveauté,
Il écoute de sa hauteur les lamentations
De chasseurs pestant contre les propriétés privées
Où il a trouvé un gite en location.

Fatigué par de nombreuses plaidoiries,
Camouflé dans les maigres feuillages,
Il cache sous ses plumes la panoplie d’armoiries
Qui lui valurent le titre de Vieux Sage.

De ces années d’Assises, de renvois en Cassation,
Après avoir troqué son habit d’apparat,
Il préserve de leurs poursuites son croupion
Content de ne plus plaider pour les attentats.

Il passe des nuits blanches, espionnant
Les sorties nocturnes des hôtes de son bois.
De jour comme de nuit tous ces manants
Vont et viennent sans respect des lois.

Il s’accroche à cette barre hypothétique
Où tant de témoins, d’assassins, ont défilé.
Il songe écrire ses mémoires historiques
D’un As du barreau plaidant sans filet …

 

8 Octobre 2017 – Jeannine Castel
Photo : Jacques Montanari sur Facebook

 

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 11 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »
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