La vallée de la lune

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Près de San Pedro d’Atacama, Vallée de la lune,
Deux molosses gardent les infortunes
Venues s’enterrer sous les dunes
Avec fracas, une nuit de pleine lune.

Ces infortunes imprévisibles et lunatiques
Soulevèrent le sable fin de leur colérique
Chaos emporté par un torrent chimérique,
Faisant de la Vallée une terre désertique.

Depuis les dunes regardent l’impétueux courant
Charrier toutes les humeurs de ces encombrantes
Adversités sous une lune de rousseur
Déposée sur quelques contours des hauteurs.

Canyons, crêtes et dunes sont les hôtes
Désormais de cette Vallée despote,
Modelée au fil des siècles par les eaux et les vents.
Seul le lézard fréquente cet astre errant.

Mais la lune aime bien les dunes
Où elle peut venir sans infortune
Flâner, rêver, imaginer un monde
Dans ce sanctuaire d’illusions fécondes.

Du sel en quantité, transormé en neige,
De la mousse à raser baigne les falaises
Ridées, craquelées, dorées par la fournaise.
Une mer de glace surprend de son florilège.

Entre le jour et la nuit, la lune se repose
Dans cette vallée dont elle dispose
Pour elle toute seule la beauté grandiose
Conservée grâce à l’inhospitalité dérobée par une pose.

Près de San Pedro d’Atacama, Vallée de la lune,
La lune n’a plus de secret pour les dunes
Qui accueillent cette amie de fortune
Sur leurs flancs d’une terre commune.

4 Mai 2018 – Jeannine Castel
les poèmes de Chatnine
Photo : Loulou Moreau sur Facebook 

 

 

 

Il m’en a fallu du temps

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Il m’en a fallu du temps pour venir jusqu’à vous.
Par le biais des images nous avions rendez-vous
Cachés comme un bon point sous un secret buvard.
Il m’en a fallu du temps jusqu’à ces busards 
Assis à mes côtés sur les bancs de l’école
Avec laquelle je ne vivais pas à la colle.
Celle de la vie m’a appris davantage
Puisque vous voilà lisant mes bavardages.
Il m’en a fallu du temps jusqu’à cette page
Au projet un peu fou perché sur les nuages
Pour vous rencontrer au cours de nos voyages
Comblés de pluies de mots, d’éclairs, d’orages.
Il m’en a fallu du temps pour comprendre
Telle cette autruche qui ne veut pas entendre.
À travers ce dédale de carrefours, de méandres,
Jusqu’au bout je chercherai à comprendre.
Résignée, je ne peux qu’avec ma foi
Espérer et croire encore en toi.
Dieu nous aurait fait à son image …
C’est peut-être lui que je rencontre dans vos images.
Sourire, se moquer, peu importe …
Il m’en a fallu du temps pour atteindre votre escorte.
Comme un phœnix qui renait de ses cendres
Il m’en aura fallu du temps pour un peu apprendre.

 

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3 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photos : Christine Convers sur Facebook

 

à Baringo, jadis

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À Baringo, jadis, j’étais au rendez-vous
Mais il n’y manquait que vous.
Depuis le ciel est malheureux
Il n’a pu se mirer dans vos yeux.

Aucune vague trouble les rives verdoyantes.
Il était bien trop tôt pour nos âmes aimantes
De se rendre à ce rendez-vous matinal
Sous un ciel atteint d’une fièvre de cheval.

À Baringo, l’immense fournaise de son ciel
A retenu cette idylle d’un court instant providentiel
Fait de solitude pour un bonheur sans fin
Que j’aurais pu, avec vous, connaître enfin.

Lac de baringo depuis personne à l’horizon …
Et toujours la beauté d’un ciel en pâmoison
D’un coucher de soleil venu s’attarder,
Ce n’était qu’un rendez-vous simplement retardé.

Lac de Baringo, les rides sur l’eau accumulées
De levers en couchers, le soleil n’a pas capitulé.
Il attend avec un espoir fou votre venue
À ce rendez-vous brûlant, belle ingénue.

À Baringo depuis nos amours enflammés
N’ont pu jamais quitter ce lac tant aimé
Où nos deux corps invisibles aux visiteurs
Ont partagé l’ivresse de notre pur bonheur.

À Baringo jadis nous avions rendez-vous.
Le lac aujourd’hui se souvient de nos amours fous
Qui n’ont plus de secret pour des amours jaloux
Qui n’ont pas eu la chance d’un tel rendez-vous.

 

2 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photos : Farid Radjouh sur Facebook

 

Solitudes ?

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Solitude d’un corps assoiffé.
Juste un peu de ciel bleu des fées
Qui enchante l’univers de la bête
Tandis que son âme fait trempette
Dans un monde qu’il cherche du regard …
Égaré est ce pensif guépard
Lui aussi en chemin cahotique
En compagnie d’êtres énigmatiques,
Pour certains réincarnés de vies successives,
Pour d’autres attendant la résurrection par missive,
Pour d’autres perdus dans les trous noirs de l’espace.
Ce guépard solitaire, aux aguets sous la menace
Qui lui coupe le verbe dans cette mêlasse,
Essaie aussi loin qu’il peut d’apercevoir
Ce que ne peut lui renvoyer le miroir
D’une eau d’un ciel venu se mirer là.
La lumière de quelques rayons, cahin-caha,
Éblouit l’esprit d’invités aux puissants radars.
Tout est annoncé pour divertir les canards
Sauf ce que l’on n’attendait pas et ce Pourquoi
D’un guépard accroupi à ce carrefour
Qui doit choisir au milieu de faux-jours,
Dissimulés dans l’ombre si réconfortante,
Le bon endroit pour bien planter sa tente …
Mais lui n’a pas besoin d’un abri de la sorte
Dans l’urgence sa vitesse bien souvent l’emporte.
Et c’est ainsi que je l’ai rencontré sans savoir
Que nous buvions dans le même abreuvoir,
Réunis, ressuscités pour une aube nouvelle
En ce premier mai chômé pour la chasse à la gazelle.
Tant que OUI ne deviendra pas NON,
Ensemble toi et moi nous cheminerons.
Le premier arrivé attendra l’autre …
C’est ce qu’ont du faire les bons apôtres.
 

1 Mai 2018 – Jeannine Castel
Photo : Farid Radjouh sur Facebook

 

Les trois garçonnes

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« Nous, on a une préférence pour la Série MPS.
Les princes, les contes, les princesses …
Nous n’y croyons plus … il nous faut de l’intense,
Des proies qui nous provoquent du suspens.
À note look sympa, il ne faut pas s’y fier,
Ce côté gros nounours de trois greffiers
Nous conviendrait bien histoire de justifier
La rigueur et la précision d’une scène de chasse
Dont nous sommes les garantes sur la place.
Là nous sommes en introspection sérieuse
Pour planifier le déroulement de cette aventureuse 
Course à la gazelle de Thomson ou l’impala
Après ce jugement dont nous parlerons plus bas.
Tout voir, tout entendre, ne rien dire,
Il faudrait d’abord pouvoir nous interdire
De dresser l’oreille au moindre bruit étranger,
De fermer notre gueule quand il faut vidanger,
Du sommeil du juste dormir tout le temps …
On nous surnomme les “ trois garçonnes utérins ”
À cause du masculin qui toise notre féminin.
Nous sommes trois loubardes allégées des coucougnettes
Qui menons marmots et partenaires à la baguette.
Nous maîtrisons la moindre défaillance
Face à ces détracteurs qui déblatèrent sans élégance
Sur nos manières de garçons manqués, rebelles,
Mais soumises à notre devoir par instinct de femelle.
Nous sommes à votre écoute pour tout contrat,
Nous ne faisons pas crédit pour ces faces de rat.
Pas vu, pas pris, avec nous c’est difficile,
Notre vicitme se joue à face ou pile.
Nos plans d’action se dévoilent qu’en terrain,
Nous sommes des tueuses pour des bandes d’assassins.
Hier nous étions face à ce tribunal d’inquisition
Attendant la redoutée sentence avec attention.
Condamnées pour avoir laissé sans surveillance
Nos lionceaux sans aucun moyen de défense,
Dévorés par ces chiennes de hyènes qui vous collent aux basques
Et dont nous mijotons de vengeances fantasques.
Avec leur mâchoire d’acier elles vous déchiquètent,
Vous enlèvent férocement votre triomphale étiquette.
Après la rançon payée par nos amis les lions
Nous essaierons d’améliorer notre collaboration.
Peut-être l’attachement d’un lion à résidence …
À part nous sauter … quand on y pense …
Mais garçonnes ou pas …
On aime bien ça même si c’est à la papa ! … »

 

30 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Jean-Louis Godard sur Facebook
Série MPS

Ivresses

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« On va pas mourir de soif !!
Aimer, boire jusqu’à plus soif …
Dans cette boue j’hésite encore
Malgré Peter Pan et son chant sonore
Qui me pousse vers cette eau saumâtre,
Tout juste bonne pour des emplâtres !
Mon cousin encore plus récalcitrant
Préfère avoir soif que boire ce repoussant
Breuvage confectionné par de fortes pluies
Qui ont fait de la terre du chocolat en bouillie.
Non, vraiment ça ne m’attire pas …
Du bout des lèvres maman avec parcimonie,
Pouah ! Ose tremper sa langue dans ce dégueulis .
Peter pan comme à son habitude, ce fifre
Avec sa patte de cette mousse s’empiffre.
Clochette n’est plus là, bientôt le muguet …
Elle nous a laissé en cet insalubre gué …
Pas terrible à part pour des bains de boue …
C’est qui déjà qui chante ça … la gadoue, la gadoue ?
Ouais, bien ici Tarzan manquerait de lianes …
Tout juste des touffes d’herbe nulles pour les ânes.
Comment maman fait-elle pour boire cette mixture
Sans se salir de quelques crottées éclaboussures ? …
Peut-être aurons-nous droit à quelques gouttes de lait ?
Arrête de me pousser ! j’ai pas envie d’y aller ! »
Le cousin toujours aussi suspicieux, louche
Vers ces deux espiègles qui font la fine bouche.
Il eut été dommage de ne pas assister
À cette oasis de première dans un lit alité.

 

29 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Bri Duyols
Contes de la prairie

 

 

Qu’il fait bon vivre

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Qu’il fait bon vivre retranchée,
Loin des assauts subis dans les tranchées.
Quitter ce champ de batailles sempiternelles.
Qu’il fait bon de vidanger ses cervelles.

Retrouver le sens de ses pensées
Égarées dans des voies dispersées,
Humiliées par des égos surdimentionnés,
Rejetées pour de nouveaux abonnés.

Fermer sa porte au mensonge,
Se dorloter avec des songes
Qui viennent sans les quémander
Vous offrir un bouquet abandonné.

Quitter cette scène artificielle
De lumières aux fausses étincelles.
Survoler le monde d’une nacelle,
Garder une distance providentielle.

Qu’il fait bon d’étirer tout son corps,
Le vider de toutes ses idées de mort
Qui vous accrochent le coeur si fort
Au rendez-vous des croque-morts.

La compagnie se suffit à elle seule.
Je laisse leurs rengaines à la meule.
S’il faut pour être aimée leur ressembler,
Je préfère démissionner de l’Assemblée.

Un traité de paix vaut mieux qu’une guerre.
J’ai assez de cicatrices missionnaires
Investies chez Bertrand, ce patibulaire
Ami qui me disait si chère.

Je ne suis pas pressée de rejoindre mon tombeau …
J’ai trop peur que jusque là des bombes de là-haut
Ajoutées à la vermine qui aura ma peau
Viennent encore troubler mon repos.

Qu’il soit midi ou minuit
Je ne connais pas l’ennui
J’ai trop souffert d’insomnies
Du monde de la nuit.

 

5 Mai 2018 – Jeannine Castel
Les poèmes de chatnine sur Facebook 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 23 mai, 2018 |Pas de Commentaires »

Citation

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« Lui, il s’appelle Citation, c’est mon grand frère.
Si t’as Sion, qu’il me dit, dans cet amosphère
Tu es sure d’avoir un repos éternel,
Y a pas mieux que ce paternel !
Non mais regardez-le dormir comme un loir …
Pas étonnant avec son grand savoir !
Il est l’intello de la famille !
Toujours perché, badé par les filles
Qu’il endort avec des grandes lectures …
Une tronche ! un rébus pour notre nature.
Par contre faut pas trop lui en demander …
À la chasse, il fait que glander, toujours à court d’idées !
Toujours la tête dans les nuages !
Ouais ! avec lui ça déménage ! on est dans le cirage !
Ça déménage si bien qu’il a le chic
Pour nous fabriquer un fichu traffic !
Ah ! les proies sont contentes de le voir …
Elles respirent ! malgré notre bon vouloir.
Il est zen hein ? dans les bras de Morphée !
Ou chez les anges, au royaume des fées …
Même Clochette n’a rien pu faire !
Il prenait sa baguette pour enseigner la Terre !
Maman n’a jamais vu ça dans la famille, qu’elle dit :
« J’ai dû le concevoir au paradis … 
Et cette idée de faire de l’équitation ! …
Entre hésitation et lui je ne m’ennuie pas …
Il n’y a que pour l’heure du repas …
Que voulez-vous ça vous creuse les méninges
De dire que l’homme descend du singe …
Ça me fait une belle jambe à moi,
Qu’il descende plutot de son toit !
Je suis certaine comme vous le voyez
Qu’il est un héros à la proue d’un vaisseau
Entouré de noyés ! Hihi ! les malheureux sots …
Seul capitaine aventurier à bord !
Ou Robinson sur son île aux trésors.
En attendant le garde-manger est vide,
Je vais devoir encore réveiller Tarzan l’intrépide.
À remettre cent fois son coeur à l’ouvrage … »
« Maman, c’est de qui déjà ce langage ? »
« Tais-toi Hésitation s’il entend ta question
Nous sommes bonnes pour Questions pour un champion !
Allons réveiller ce courageux mousquetaire ..
Il est fichu de me réclamer une mousticaire ! … »

 

 

25 Avril 2018 – Jeannine Castel
Photo : Joelle Minoff sur facebook
Contes de la prairie

Seven

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Seven rêve d’avoir un maître
Alors qu’il vient à peine de naître
Dans la maison d’un Grand Maître
Dont la toile le fit connaître.

Il attend patiemment avec amour,
La bouche en coeur, le si beau jour
Où il quittera dans une adoption
Le chevalet de sa belle création.

Il rêve de découvrir les prés fleuris,
De courir après les fausses souris
Attachées au bout d’une ficelle
Tenue par la main d’une jolie demoiselle.

Il rêve de caresses, de ronrons amoureux,
D’un amour qui viendrait dans ses yeux
Se perdre dans ses rêves mystérieux,
Il rêve seven et attend son Dieu.

Dieu ou Déesse qui l’emportera,
Nostalgique envers celle qui le créa.
Seven, adorable petit chat, rêve,
Rêve, que jamais la nuit ne s’achève …

 

30 Avril 2018 – Jeannine Castel
Toile de l’artiste peintre écrivain Anne Marie Torrisi

 

 

Jeu de marelle

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Marie, ma tendre mère
Boudée sous les jupons d’une mère.
Ma mère, cette étrangère
Que je ne connus guère.
Partie comme la flamme qui vacille.
Petite fille en espadrille.

Ma mère des couvents, des chapelles,
Brodant des chapelets à la chandelle.
L’enfant sautillant sur un jeu de marelle
Aujourd’hui vers toi, Marie, t’interpelle.

Ma mère, commère des basses-cours
Qui m’a donné la vie un jour par amour.
D’un court amour qui court toujours.
Grâces d’une mère en secours.

Marie, ma tendre mère
Confidente discrète et salutaire
Parfois je crie, je désespère
Sur ce lourd bonheur d’être mère.

 

24 Avril 2018 – Jeannine Castel

 

Publié dans : Littérature et Poésie | le 21 mai, 2018 |Pas de Commentaires »
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